‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 114 sur 228 · Uoleren, Si. — Burgund · texte numérisé non relu

Uoleren, Si. — Burgund

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lesse a fait par égard pour notre supplique; et nous ne pouvons nous plaindre d’aucune innovation qui depuis se serait produite, en quelque lieu que ce soit, contre votre promesse. Mais si, malgré cela, nous apprenons toujours, et de tous côtés, et si nous voyons de nos propres yeux, qu’on traîne devant les tribunaux et conduit h la mort nos concitoyens, pour cause de religion, nous devons nécessairement en conclure que les ordres de Votre Altesse sont, pour le moins, très-peu respectés par les tribunaux. Ce que l’alliance a promis de son côté, elle l’a loyalement tenu; elle a cherché aussi, selon ses forces, à réprimer les prêches publies; mais assurément il n’est pas extraordinaire qu’un si long retard de la réponse de .Madrid remplisse les esprits de soupçons, et que, déçus dans l’espérance d’une assemblée générale des états, ils soient peu disposés à croire à de nouvelles assurances. Jamais la ligue ne s’est alliée avec les ennemis de l’État; elle n’en a même jamais senti la tentation. Si les armées françaises devaient se montrer dans les Provinces, nous serions des premiers à cheval, nous autres confédérés, pour les en chasser. Mais nous voulons être sincères avec. Votre Altesse: nous avons cru lire sur son visage dessignesde mécontentement contre nous; nous voyons en possession de sa faveur des hommes qui sont fa-* ineux par la haine qu’ils nous portent. Chaque jour il nous faut entendre que l’on vous déconseille d’avoir aucun commerce avec nous, comme si nous étions des pestiférés; que l’on nous annonce l’arrivée du roi comme le lever d’un jour de justice.... N’est-il pas naturel que la défiance dont nous sommes l’objet éveille enfin la nôtre? que le reproche de lèse-majesté, dont on s’efforce de noircir notre confédération; que les préparatifs militaires du duc de Savoie et d’autres princes, qui, si l’on en croit certaine rumeur, doivent nous concerner ; que les négociations du roi avec la cour de France, pour obtenir le passage, à travers ce royaume, d’une armée espagnole qui est destinée, dit-on, pour les Pays-Bas; qu’enfin plusieurs événements pareils nous aient pressés de songer à notre propre défense et de nous fortifier par une alliance avec nos amis étrangers? Sur un bruit public, incertain et vague, on nous accuse d’une participation à la licence de la tourbe protestante; maisqui lebruit public n’accuse-t-il point? Il est vrai sans doute qu’il se trouve aussi parmi nous des pro-

214 HISTOIHE DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. lestants, pour qui la tolérance religieuse serait le don le plus précieux; mais, eux-mémes, ils n’ont jamais oublié ce qu’ils doivent à leur souverain. Ce n’est point la crainte de la colère du roi qui nous a portés à tenir cette assemblée. Le roi est bon, et nous voulons espérer qu’il est juste. Ce ne peut donc pas être le ])ardon que nous cherchons auprès de lui, et nous ne pouvons davantage solliciter l’oubli pour des actes qui ne sont pas les moins considérables des services que nous avons rendus à Sa Majesté. Il est vrai encore que des députés des luthériens et des calvinistes se sont rendus à Saint-Trond, et même ils nous ont remis une requête, que nous envoyons ci-jointe à Votre Altesse. Ils y olVrent de déposer les armes en assistant à leurs prêches, si l’alliance veut garantir leur sécurité et répondre de la convocation générale des états. Nous avons cru devoir leur promettre l’un et l’autre, mais notre promesse seule n’a aucune force si elle n’est aussi confirmée par Votre Altesse et par quelques-uns de ses principaux conseillers. Dans leur nombre, aucun ne peut être aussi bien informé de l’état de nos affaires, ni mieux intentionné pour nous, que le prince d' Orange et les comtes de Hoom et d’Egmont. Nous les acceptons tous trois avec joie pour médiateurs, si on leur donne à cet effet les pleins pouvoirs néa*ssaires, et si l’on nous assure qu’il ne sera point levé de troupes ni nommé de généraux pour les commander sans qu’ils le sachent. Cependant nous ne demandons cette sûreté que pour un temps déterminé, après l'expiration duquel il sera libre au roi de la retirer ou de la confirmer. S’il prend le premier parti, l’équité demande qu’on nous fixe un terme pour mettre nos personnes et nos biens en sûreté: à quoi trois semaines suffiront. Enfin, pour terminer, nous nous engageons aussi de notre côté à ne rien entreprendre de nouveau sans avoir consulté ces trois médiateurs*. »

La confédération ne pouvait tenir un langage si hardi sans s’appuyer sur une puissante réserve et sans compter sur une solide protection; mais la gouvernante se voyait aussi peu en état de lui accorder les points demandés qu’elle était incapable

1. Mcteren, 84, 85. — Slrad., 141, sq. — Burgund. , 240-ÎSI. — Mcur». , Cuil. .luriac., Ilb. 1,11, 12.

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