‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 115 sur 228 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

(le lui résister sérieusement. A Bruxelles, que la plupart des e(jnsoillers d'Ètat avaient quitté, pour se retirer dans leurs provinœs ou pour s’éloigner des aftaires sous un autre prétexte quelconque , Marguerite , aussi dépourvue d’argent que de conseil, se vit forcée par le besoin de faire appel à la générosité du clergé, puis, comme ce moyen ne suffisait pas, de recourir à une loterie; et, dépendant des ordres de l’Espagne, qbi étaient toujours attendus et n’arrivaient jamais, elle fut enfin réduite à l’humiliante nécessité de faire avec les confédérés de Saintïrond un traité, portant qu’ils attendraient encore vingt-quatre jours la résolution du roi avant de rien entreprendre de nouveau. 11 était étrange assurément que le roi continuât toujours de faire attendre une réponse décisive à la requête, quoique tout le monde sût qu’il avait répondu à des lettres beaucoup plus récentes, et que la gouvernante insi.stât sur ce point auiirès de lui avec la plus grande énergie. Dés le premier éclat des prêches publics, elle avait aussi envoyé , après le baron de Montigny, le marquis de Bergues, qui devait, comme témoin oculaire de ces nouveaux événements, appuyer d’autant plus vivement son rapport écrit, et presser en conséquence la résolution du roi*.

(Ib66.) Cependant l’envoyé néerlandais, Florent de Montigny, était arrivé à Madrid, où il avait été reçu avec toute sorte d’égards. L’objet de ses instructions était la suppression du saint-office et la modération des édits; l’augmentation du conseil d’Etat et l’abolition des deux autres conseils; le vœu de la nation qu’il fût tenu une assemblée générale des états, et la prière de la gouvernante que le roi vint en personne dans les Pays- Bas. Mais, comme Philippe II ne cherchait toujours qu’à gagner du temps, Montigny fut amusé jusqu’à l’arrivée de son collègue, sans lequel le roi ne voulait prendre aucune résolution définitive. En attendant , le Flamand avait chaque jour et à toutes les • heures qui lui convenaient audience du roi, qui donna de plus l’ordre de lui communiquer les diverses dépêches de la duchesse et les réponses qu’il y faisait. Souvent aussi il fut appelé dans le conseil des affaires néerlandaises, où il ne manqua jamais de

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