‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 117 sur 228 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

toute nalureUc des choses avait dirigées d'une façon |)lut6t que d’une autre, on voulut qu’elles fussent sorties du projet médité d’introduire une liberté générale de religion et de mettre le timon de l’État dans les mains de la noblesse. Le premier pas fait dans cette vue, disait-on, avait été la violente expulsion du ministre Granvelle, auquel on ne pouvait trouver rien k reprocher que de posséder un pouvoir qu’on aurait mieux aimé exercer soi-mème. On avait fait le second pas en déléguant en Espagne le comte d’Egmont, pour solliciter l’abolition du saintoffice et la modération des prescriptions pénales, et déterminer le roi à étendre les attributions du conseil d'État. Mais, comme on n’avait pas réussi à surprendre ces concessions par une voie si modeste, on essayait maintenant de les arracher à la cour par une troisième tentative plus hardie, par une conjuration formelle, l’alliance des Gueux. Un quatrième pas vers le même but est cette nouvelle ambassade, où l’on jette enfin effrontément le masque, où l’on fait voir clairement, par les propositions insensées qu’on ne rougit pas de présenter au rot, où tendaient toutes ces démarches précédentes. « En effet, poursuivait-on, l’abolition du saint-office peut-elle mener à quelque chose de moins que l’absolue liberté de croyance? Avec elle la direction des consciences n’est-elle pas perdue? Cette modération .projetée n’intrûduit-elle pas une complète impunité de toutes les hérésies? Ce dessein d’extension du conseil d’État et de suppression des deux autres conseils est-il autre chose qu’une refonte complète du gouvernement à l’avantage de la noblesse, un gouvernement général pour toutes les provinces néerlandaises? Cet attroupement des hérétiques dans les prêches publics n’est-il pas déjà une troisième alliance, formée dans les mêmes vues, parce que la ligue des grands dans le conseil d’Etat et la confédération des Gueux n’ont pas semblé assez efficaces' ? » Mais, quelles que fussent les sources du mal, on convenait qu’en tout cas il était dangereux et pressant. La prompte arrivée du roi à Bruxelles était assurément le remède souverain pour guérir ce mal promptement et radicalement. Mais, comme l’aimée était déjà avancée et que les préparatifs de ce voyage

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