‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 122 sur 228 · I.IVHE OUATRifeME · texte numérisé non relu

I.IVHE OUATRifeME

l'iliver, qui rendait impossibles désormais les prêches en plein air, trois places leur seront accordées dans l’intérieur de la ville, où ils pourront bAtir de nouvelles églises ou disposer pour cet usage des maisons particulières. Ils devaient y célébrer leur culte chaque dimanche et jour de fête, et toujours à la même heure ; mais tout autre jour cet exercice leur était interdit. S’il ne se rencontrait dans la semaine aucun jour de fêle, le mercredi leur en tiendrait lieu. Aucune secte ne pouvait entretenir plus de deux ministres, et ils devaient être .Néerlandais de naissance , ou du moins avoir reçu droit de bourgeoisie dans quelque ville considérable des Provinces. Tous devaient prêter serment d’être soumis aux magistrats de la ville et au prince d’Orange, dans les affaires civiles. Ils supporteraient toutes les charges comme les autres citoyens. Personne ne viendrait armé au prêche ; on permettrait cependant de porter l'épée. Aucun prédicateur n’attaquerait en chaire la religion dominante ni ne s’engagerait dans des points de controverse, hormis en ce que renseignement même du dogme rendait inévitable et en ce qui touchait les mœurs. Aucun psaume ne devait être chanté jiar eux hors de l’enceinte qui leur était assignée. Pour l’éloflion de leurs prédicateurs, présidents et diacres, comme, du reste, à toutes leurs autres assemblées consistoriales, il devait être appelé un officier public, qui ferait rapport au prince et aux magistrats de ce qu'on y conclurait. Au surplus, ils jouiraient de la même protection que la religion dominante. Ce règlement devait subsister jusqu’à ce que le roi, avec le concours des états, en décidât autrement; mais alors il serait libre à chacun de quitter le pays avec ses biens et sa famille.

D’Anvers le prince se rendit promiitement en Hollande, en Zélande et à UtreclU, afin d’y prendre des mesures pareilles pour le rétablLsseincnt de la tranquillité; mais, pendant son absence, Anvers fut confié à la surveillance du comte de Iloogstraeten , qui était un homme doux, et qui , malgré son attachement déclaré à l’alliance, n’avait jamais manqué de fidélité au roi. 11 est visible que, dans cette convention, le prince avait Iwaiicoup dépassé ses pouvoirs, et qu’au service du roi il n’avait pas agi autrement qu’en maître souverain. .Mais il allégua, pour s’e.xcuser, qu’il serait beaucoup plus facile aux magistrats de sur-

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veiller cette secte nombreuse et puissante, s'ils se inùlaient euxniémesà leur culte, et si ce culte se célébrait sous leurs yeux, que si les sectaires étaient livrés à eux-mémes en pleine cani])agne'.

Le comte de Mcgen se conduisit avec plus de sévérité dans la (lucldre, où il éloufl'a complètement la secte protestante et chassa tous ses prédicants. A liruxelles, la régente prolita de l’avantage que lui donnait sa présence pour interdire les prêches publics, même hors de la ville. I.e comte de Nassau lui ayant rappelé, au nom des confédérés, le traité conclu avec eux, et lui ayant demandé si la ville de Bruxelles avait moins de droits que les autres, elle répondit que, s’il y avait eu des prêches p\iblics à Bruxelles avant le traité, ce n’était pas sa faute qu’il n’y en eût plus maintenant. .Mais en même tem])s elle lit savoir sous main à la bourgeoisie que le premier qui oserait assister à un prêche public serait pendu sans miséricorde. Par là elle s’assura du moins la fidélité de la résidence ’.

Il fut plus difficile de pacitier Tournai. En l’absence de Montigny.au gouvernement duquel appartenait cette ville, ce soin fut remis au comte de Iloorn. 11 ordonna aux protestants de vider sili'-le-chamii les églises, et de se contenter d’un temple hors des murs. Leurs prédicateurs objectèrent que les églises étaient bâties pour l’usage du peuple, et que le peuple était non pas où sont ses pères et maîtres, mais où se trouve le grand nombre; que, si on les chassait des temples catholiques, il serait équitable qu’on leur fournit de l’argent pour en bâtir à leur usage. Là-dessus les magistrats répondirent que, si le parti des catholiques était le plus faible, il était assurément le meilleur. On ne leur défendrait pas de bâtir des églises, mais on espérait qu’après les dommages que leurs dignes frères en religion , les iconoclastes, avaient fait soulfrir à la ville , ils ne prétendraient l)as qu’elle se mît encore en frais pour leurs temples. Après de longs débats, les protestants surent néanmoins rester en possession de quelques églises, où, pour plus de sûreté, ils placèrent des gardes ’. A Valenciennes, les protestants ne voulurent

1. Meteron, 91. — Burgond., 349-344. — Str»d., 143. — Uoprer, § 130. — Meurs., Ciiît. Auriac., lib. I, 17, 13.

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