‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 123 sur 228 · Burgund · texte numérisé non relu

Burgund

LIVnE QUATRIÈME, pas non plus accéder aux conditions qui leur furent offertes par Philippe de Sainte-Aldcgonde, seigneur de Noircarmes, à qui le gouvernement de cette place avait été remis, en l’absence du marquis de Bergues. Un prédicateur réformé, nommé Li Grange, Français de naissance, excitait les esprits, qu'il dominait en maître absolu par la forcede son éloquence, à exiger des temples à eux dans Kintérieur de la ville, et à menacer, en cas de refus, de la livrer aux huguenots. Le nombre supérieur des calvinistes et leurs intelligences avec les huguenots empêchèrent le gouverneur de rien entreprendre contre eux par la force *.

Le comte d’Egmont lui-même fit alors violence à sa douceur naturelle pour témoigner son zèle au roi. Il mit garnison dans la ville de Gand, et fit punir de mort quelques-uns des mutins les plus dangereux. Les églises furent rouvertes, le culte catholique rétabli, et tous les étrangers reçurent l’ordre d’évacuer la province. Une place hors de la ville fut accordée aux calvinistes, mais à eux seuls, pour se bâtir un temple; en retour, ils durent s’obliger à la plus rigoureuse obéissance envers les magistrats de la cité et à une active coopération dans les procédures contre les iconoclastes. 11 prit des mesures semblables dans toute la Flandre et l’Artois. Un de ses gentilshommes et un membre de l’alliance, Jean Casembrot, seigneur de Beckerzeel, poursuivit les iconoclastes, à la tête de quelques cavaliers confédérés, en surprit près de Grammont, en Flandre, une troupe qui s’apprêtait à enlever par un coup de main une ville du Hainaut, et en lit trente prisonniers, dont vingt-deux furent pendus sur-le-champ et les autres fustigés et chassés du pajs ’.

On pouvait croire que des services de cette importance n’avaient pas mérité d’être récompensés par la disgrâce du roi. Ce que Guillaume d’Orange, Egmont et lloorn firent en cette occasion, montrait du moins autant de zèle et réussit tout aussi bien que ce qu’exécutèrent Noircarmes, Megcn et Aremberg, auxquels Philippe II témoigna sa reconnaissance en actes et en paroles. .Mais ce zèle, ces services , venaient trop tard. Les premiers avaient déjà parlé trop hautement contre ses édits, com-

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