‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 137 sur 228 · Burgund., 444-447. - Strad · texte numérisé non relu

Burgund., 444-447. - Strad

MVHE Q U AT n If; ME.

leur confession, et on les exliortait à ne pas gAter leur bonne cause par des intelligences avec les réformés. 11 ne fut donc pas très-difficile d'opérer pour le moment une réunion entre les catlioliques et les luthériens, puisqu’il s’agissait de réprimer des rivaux si détestés. Au point du jour fut opposée aux calvinistes une troupe qui était bien supérieure en nombre à la leur. A la tête de ces forces , l’éloquence du prince d’Orange acquit bienlêt un plus grand pouvoir et se fit bien mieux écouter. Les calvinistes, quoique en possession des armes et de l’artillerie, effrayés par la supériorité numérique de leurs ennemis, envoyèrent les premiers des députés et proposèrent un accommodement, qui, par l’adresse du prince, fut conclu à Insatisfaction générale. Aussitôt qu’il fut publié, les Espagnols et les Italiens posèrent les armes; les réformés après eux, et ensuite les catholiques; les luthériens les quittèrent les derniers *.

Anvers était demeuré deux jours et deux nuits dans cette affreuse situation. Déjà les catholiques avaient porté sous le pont de Meer des barils de poudre , pour faire sauter toute l’armée des réformés, qui l’avait occupé; ils imitaient ce que les réformés avaient fait en d’autres lieux contre les catholiques ’. La perte de la ville ne tint qu’à un instant; et ce fut la prudence du prince d’Orange qui la sauva.

(1567.) Noircarmes était toujours avec son armée de Wallons sous les murs de Valenciennes, qui, se confiant fermement dans la protection des Gueux, continuait à rester inébranlable à toutes les représentations de la gouvernante , et à rt;jeter toute idée de soumission. L'n ordre formel de la cour défendait au général qui menaçait la ville d’agir avec vigueur , avant d’avoir reçu d’Allemagne des troupes fraîches. Le roi, que ce fût par ménagement ou par crainte, répugnait au moyen violent d’un assaut, dans lequel on ne pouvait éviter de confondre l’innocent dans le même sort avec le coupable, et de traiter comme un ennemi le sujet fidèle. Mais, comme de jour en jour croissait l’insolence des assiégés, qui, rendus plus hardis par l’inaction de l’ennemi , osèrent même l’inquiéter par de fréquentes sor-

1. Thuan. , 526, 527. — BurgunJ. , 478-451. — Sirad., 1*3. — Meloren, 97, 98.

Page 1