‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 138 sur 228 · Metercn · texte numérisé non relu

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266 mSTOIKK DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS.

lies, réduire en cendres quelques couvents hors de la ville et s’en retourner avec du butin; comme il pouvait se faire que le temps qu’on perdait devant cette place fût mieux mis à prolit par les rebelles et les confédérés, Noircarmes sollicita la duchesse de lui obtenir du roi la permission de donner l’assaut à la ville. I.a réponse fut plus prompte qu’on n’y était accoutumé de la part de Philippe. « On pouvait encore se contenter de disposer simplement les machines pour l'assaut, et, avant de le donner réellement, laisser d'abord agir quelque temps la terreur de ces préparatifs ; si, même alors, la capitulation ne s’ensuivait pas, il permettait l’assaut, mais en ménageant le plus qu’il serait possible 1| vie des habitants. » Avant que la gouvernante eût recours à ce moyen extrême, elle donna des pleins pouvoirs au comte d’Egmont', auquel fut associé le duc d’Arschot, pour négocier encore une fois amiablement avec les rebelles. Ils s’abouchent tous deux avec les dé|)Utés de la ville, et ne négligent rien pour les arracher à l’aveuglement où ils ont persisté jusqu’ici. Ils leur apprennent que l'houlouse est battu et qu’avec lui est tombé tout l’appui des assiégés; que le comte de Megen a coupé toute communication entre l’armée des Gueux et la ville, et que celle-ci ne doit qu’à l’indulgence du monarque de s’être soutenue si longtemps. Ils leur offrent l'entier pardon du passé. Chacun aura la liberté de défendre son innocence devant un tribunal de son choix; à quiconque s’y refusera il sera accordé un délai de quinze Jours pour quitter la ville en emportant tout son avoir, ün ne leur demandait rien que de recevoir garnison. Pour réfléchir à celte proposition , un armistice de trois jours leur fut accordé. Quand les députés rentrèrent dans la ville, ils trouvèrent leurs concitoyens moins disposés que jamais à un accommodement, parce que, dans l’intervalle, de faux bruits d’un nouvel armement des Gueux s’y étaient répandus. On assurait que Thoulouse était vainqueur, et qu’une puissante armée était en marche pour délivrer la ville. Cette conliance alla si loin , qu’on se permit même de rompre l’armistice et de faire feu sur les assiégeants. Enfin les magistrats obtinrent , avec beaucoup de peine, qu’on enverrait au camp douze conseillers

1. Dans la première édition, comme déjà plus haut : « Au prince de Gavre. »

I.IVnE QUATRIÈME, avec les conditions suivantes : lYdit par lequel Valencienne était accusée du crime de lèse-majesté et déclarée ennemie serait révoqué; les biens conlisqués juridiquement seraient rendus, et les prisonniers de part et d'autre remis en liberté. La garnison n’entrerait pas dans la ville avant que tous ceux qui l’auraient jugé convenable eussent mis en sûreté leur personne et leurs biens; elle s’engagerait à n’être à charge en rien aux liabitants et le roi supporterait les frais qu’elle occasionnerait.

Noircarmes répondit à ces conditions avec emportement, et fut sur le point de maltraiter les envoyés. S'ils n’étaient pas venus pour lui rendre la ville, leur dit-il, ils devaient se retirer à l’instant même, ou s’attendre à ce qu’il les renvoyât chez eux les mains liées derrière le dos. Ils rejetèrent la faute sur l’obstination des réformés , et le supplièrent de les retenir dans le camp , parce qu’ils ne voulaient plus avoir affaire à leurs concitoyens rebelles, ni être enveloppés dans leur destin, ils embrassèrent même les genoux d’Egmont, pour obtenir son intercession; mais Noircarmes resta sourd à leurs prières, et la vue des chaînes qu’on apporta les força de retourner malgré eux à Valenciennes. C’était la nécessité, et non la dureté de son cœur, qui imposait au général ennemi cette conduite sévère. L’arrestation des députés lui avait déjà précédemment attiré les reproches de la duchesse ; s’il les avait retenus cette fois encore , on n'aurait pas manqué de l’attribuer dans la ville à la même cause que la première fois. Il ne devait pas non plus priver Valenciennes du faible reste des bourgeois bien pensants, ni souffrir qu’une multitude aveugle et forcenée fût maîtresse du sort de la place. Egmont fut tellement irrité du mauvais succès de sa députation, que, la nuit suivante, il lit lui-même à cheval le tour de la ville, reconnut les ouvrages, et rentra fort satisfait, lorsqu’il se fut convaincu qu’elle ne pouvait tenir plus longtemps *,

Valenciennes s’étend, d’une colline doucement inclinée, dans une plaine tout unie, et jouit d’une position aussi forte qu’agréable. Entourée d’un côté par l’Escaut et une plus petite rivière; de l’autre, défendue par des fossés profonds, de fortes

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