Thuan.f 52B. ~ Strad.^ 178. ^ Durgund
2C8 IIISTOIRK DR I,.\ RÉVOLTE DES PAYS-BAS. murailles et des tours , elle semble pouvoir défier toute atlaquc’. Mais Noircarmcs avait remarqué dans le fossé quelques endroits que par négligence on avait laissés se combler au niveau du sol extérieur, et il profita de cette découverte. 11 rassemble tous les corps dispersés avec lesquels il avait jusque-là cerné la ville, et, dans une nuit orageuse , il emporte le faubourg de Berg, sans perdre un seul homme. Il distribue ensuite l’attaque de la ville entre le comte de Bo.ssu , le jeune comte Charles de .Mansfeld et le cadet des Barlaimont; un de ses colonels s’approche, avec la ])lus grande célérité possible, des murailles, d’où l’ennemi est repoussé par un feu terrible. Tout près de la ville et vis-à->Tis de la porte, est établie, sous les yeux des assiégés, avec très-peu de jterte , et au niveau des remparts , une batterie de vingt et une pièces de canon, qui foudroient la place sans interruption pendant quatre heures. La tour de Saint-Nicolas, sur laquelle les assiégés avaient placé quelque artillerie, s’écroule des premières, et beaucoup de personnes trouvent la mort sous ses ruines. Le feu est dirigé sur tous les édifices qui dominent, et il en résulte un alfreux carnage des habitants. En peu dlieures leurs plus importants ouvrages sont détruits, et à la porte même est pratiquée une brèche si considérable que les assiégés, désespérant de leur salut, dépêchent à la hâte deux trompettes pour demander une audience. On l’accorde, mais l’attaque est poursuivie sans interniption. Les députés ont d’autant plus hâte de conclure l’accommodement, pour livrer la ville aux mêmes conditions qu’elle a refusées deux jours auparavant ; mais les circonstances avaient changé, et le vainqueur ne voulait plus entendre parler de conditions. Le feu continuel ne laissait pas aux assiégés le temps de réparer les murailles, qui remplissaient tout le fossé de leurs débris, et ouvraient partout des chemins à l’ennemi pour entrer par la brèche. Au point du jour, assurés de leur ruine totale, ils rendent la place à discrétion, après que l’attaque a duré trente-six heures sans interruption, et qu’on a jeté trois mille bombes dans la place. Noircarmes y entre à la tête de ses troupes victorieuses, à qui il fait observer une sévère discipline; il est accueilli par une troupe de femmes