LIVRE QUATRIÈME
et d’enfants, qui viennent au-devant de lui, portant des rameaux verts et implorant sa pitié. Aussitôt tous les bourgeois sont désarmés, le gouverneur et son fils décapités; trente-six des plus obstinés rebelles, au nombre desquels se trouvent la Grange et Guido de Bres.se, autre prédicateur réformé, expient j)ar la potence leur opiniitreté; toutes les autorités perdent leurs emplois, et la ville tous ses privilèges. Le culte catholique est sur-le-cbanip rétabli dans tout son éclat , et le culte protestant aboli. L'évéque d’Arras reçoit l’ordre de transférer sa résidence à Valenciennes, dont l’obéissance future est garantie par une forte garnison’.
(1567.) La reddition de Valenciennes, cette place sur laquelle étaient fixés tous les regards, fut pour les autres villes qui s’étaient rendues coupables de la même manière, une elfrayante nouvelle, et ne mit pas peu en crédit les armes de la gouvernante. Noircarmes poursuivit sa victoire, et se porta aussitôt devant Maestriebt, qui se soumit à lui sans coup férir, et reçut garnison. De là il marcha sur Turnbout, pour intimider par son approche les villes de Bois-le-Duc et d’Anvers. Son arrivée effraya le parti des Gueux, qui, sous la conduite de Bomberg, avait toujours fait la loi aux magistrats, au point que ces rebelles quittèrent la ville à la hâte avec leur chef. Noircarmes fut reçu sans résistance, les députés de la duchesse mis sur-lechamp en liberté et une forte garnison jetée dans la place. Cambrai ouvrit aussi ses portes à son archevêque, que le parti dominant des réformés avait chassé de sa résidence; il fut reçu avec des cris d’allégresse, et il méritait ce triomphe, car il ne souilla point son entrée par le sang. Les villes de Gand, Ypres et Oudenarde se soumirent également et reçurent garnison. Le comte de Megen avait presque entièrement purgé de rebelles et ramené à l’obéissance la province de Gueldre; le comte d’Aremberg avait aussi bien réussi dans la Frise et le pays de Groningue, cependant un peu plus tard et avec plus de difficulté, parce que sa conduite manquait d’égalité et de constance, parce que ‘ ces belliqueux républicains étaient plus fermement attachés à
1. Thuan., 528, 529. — Meteren, 98, 69. — StraJ., 178-130. — Burguml., 4G2-W5.
270 IIISTOIRK DK LA ÉRVOLTE DES PAYS-BAS. leurs privilèges et se reposaient fièrement sur leur forte position Le parti des rebelles est chassé de toutes les provinces, la Hollande exceptée; tout cède aux armes victorieuses de la duchesse. Le courage des chefs était abattu , et il ne leur restait plus qu'à fuir ou à se soumettre sàns condition '.