Uurgund
SCHILCEB. — IIIST. 1. 13
474 HISTOIRE DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. fcü saurait indépendant, et qu’il ne croirait plus ses véritables sentiments enchaînés par aucune bienséance extérieure ni aucun devoir. Mais le prince d’Orange était irrévocablement décidé, dès la conférence de Dendermonde , à quitter le service du roi d’Espagne , et même à s’éloigner du pays jusqu’à de meilleurs jours. Une expérience très-décourageante lui avait appris combien sont incertaines les espérances que l’on est contraint de fonder sur la multitude, et combien ce zèle qui promet tant est prompt à s’évanouir quand on lui demanÆ des ellets. Une armée était en campagne, et unb autre, beaucoup plus forte, s’approchait, comme il en était informé, sous les ordres du duc d’Albe ; le temps des représentations était passé ; ce n’était qu’à la tête d’une armée qu’on pouvait espérer de conclure avec la gouvernante des traités avantageux et de fermer au général espagnol l’entrée du pays. Mais où prendre cette armée, lorsque l’argent nécessaire, l’âme de toutes les entreprises, lui manquait; lorsque les protestants retiraient leurs fastueuses promesses et l’abandonnaient dans ce pressant besoin '? La jalousie et la haine religieuse séparaient d’aileurs les deux Églises protestantes, et travaillaient à empêclier toute réunion salutaire contre l’ennemi commun de leur croyance. La répugnance des réformés pour la confession d’Augsbourg avait irrité contre eux tous les princes protestants d’Allemagne , en sorte qu’il ne fallait plus penser maintenant au puissant secours de cet empire. Avec le comte d’Egmont on perdait l’excellente armée viallonne, qui suivait avec un aveugle dévouement la fortune de son lîénéral , sous lequel elle avait appris à vaincre à Saint-Quentin et à Gravelines. Iæs violences que les iconoclastes avaient exercées dans les églises et les couvents avaient détourné de la ligue
Entre autfts exemples, le suiyaQt fait voir combien la volonté était vaillîtnto et l’exéculion languissante. A Amsterdam, quelques amis de la liberté ^aiionalo, catholiques aussi bien que luthériens, avaient fait le vœu solennel e verser dans une cai.ssc commune le centième denier de leurs biens, jusqu’à qu’on eût rassemblé une somme de onze mille florins, qui devait être em- P oyée au service de la cause nationale. Une bulle, avec une fente dans le couvorcle et munie de trois serrures, fut destinée à recevoir cet argent. Lorsqu’on au terme fixé, on y trouva un trésor.... de sept conUs florins, que l’on ^ ®ndonna à l’hétesse du comte do Bréderode, à valoir sur ce qu’il lui devait pour sa dépense.— //«(. gén. des Prov.^Vn,, 111 (i. V, p. 167 de l’édit, franç.).
{Sote de l'auteur.)
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