‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 150 sur 228 · I. .Strad., 188. — Biirgumt · texte numérisé non relu

I. .Strad., 188. — Biirgumt

UVHE QUATRlfiME.

fléau des catholiques, séjourna encore tout un mois dans Amsterdam , sans qu’il lit guère autre chose que d’augmenter son compte d’auberge, tandis que la vaillante armée qu’il avait laissée à Viane, renforcée par de nombreux fugitifs des provinces méridionales, donnait assez à faire au comte de Megen pour l’empêcher d’inquiéter les protestants dans leur fuite. Enlin Bréderode prend le parti, à l'exemple du prince d’Orange, de céder à la nécessité, et d’abandonner une cause qu’il n’est plus possible de sauver. Il découvrit au conseil de ville son désir de quitter Amsterdam , si on voulait le mettre en état de le faire, en lui avançant une modique somme d’argent. Pour se délivrer de lui, on se hita de la lui procurer, et quelques banquiers l’avancèrent sur la caution du conseil de ville. Il sortit d’Amsterdam la nuit même où on lui remit cet argent, et fut escorté par un bâtiment armé de canons jusque dans la Plie, d’où il s’enfuit heureusement à Emden. La fortune le traita plus doucement que le plus grand nombre de ceux qu’il avait entrainés dans sa folle entreprise : il mourut l’année suivante (1568), dans un de ses châteaux en Allemagne, des suites de l’ivrognerie , dans laquelle il s’était , dit-on , jeté pour dissiper son chagrin. Un sort meilleur échut à sa veuve, née comtesse de Moers, qui fut épousée par Frédéric III, électeur palatin. I^a cause protestante perdit peu à la mort de Bréderode : l’œuvre qu’il avait commencée ne périt pas avec lui , comme aussi ce n’était pas par lui qu’elle avait vécu *.

La petite armée qu’il avait abandonnée ù elle-même par sa honteuse fuite, était ferme et vaillante, et avait quelques chefs résolus. Elle était licenciée, dès l’instant que celui qui devait la solder avait pris la fuite; mais sa bravoure et la faim la tinrent réunie quelque temps encore. Une partie , sous la conduite de Thierri de Battenbourg, marcha sur Amsterdam, dans l’espérance de prendre cette place par surprise; mais le comte de

\. Dans la premièro édition il y a ici deux phrases de plus : c C’est Hssuo qui décide do la valeur de U<utcs les entreprises. Une conjuration de la façon de Bréderode devait nécessairement rentrer dans le néant d’où elle était sortie; mais cc qu elle avait de bon et de solide était et resta élevé au-des.sus de tous les hasards. » Meteren, 100. — Vigl. Vit., N. cv. — Uist. gén. des Prov.-Vnies^ 104 (t. V, p. 156, 157 de l’édit, franç.).

Megen, qui, avec treize compagnies d’excellentes troupes, accourut pour la délivrer , força les ennemis de renoncer à leur projet. Ils se contentèrent de piller les couvents du voisinage, entre lesquels l’abbaye d’Egmont eut surtout beaucoup à souffrir. Ensuite ils se jetèrent dans le Waaterland, où ils se croyaient à l’abri de nouvelles poursuites , à cause des nombreux marais. Mais le comte de Megen les suivit jusque-là, et les contraignit de chercher à la hâte leur .salut dans le Zuyderzée. Les frères de llaltenbourg, Beima et Galama, avec quelques gentilshommes frisons, suivis de cent vingt soldats et emmenant avec eux le butin qu’ils avaient fait dans les couvents, se jetèrent dans un vaisseau, près de la ville de Iloorn, pour passer dans la Frise; mais , par la perfidie du pilote , qui fit échouer le vaisseau près de Harlingen sur un banc de sable, ils tombèrent dans les mains d’un capitaine du comte d’Aremberg, qui les fit tous prisonniers. Aremberg fit aussitôt exécuter les simples soldats; il envoya les gentilshommes à la gouvernante, par les ordres de laquelle sept furent décapités. Sept autres, des plus nobles familles, parmi lesquels se trouvaient les frères Battenhourg et quelques Frisons, tous à la fleur de l’âge, furent réservés au duc d’Albe, afin qu’il pût signaler son entrée en charge par un acte digne de lui. Les quatre autres vaisseaux , qui avaient fait voile de .Medemblick , et que le comte de Megen poursuivit avec de petits bâtiments, furent plus heureux. Un vent contraire les avait écartés de leur route , et poussés vers les côtes de Gueldre , où ceux qui les montaient débarquèrent sains et saufs. Ils passèrent le Rhin près de Huissen, et atteignirent heureusement le ]>ays deClèves, où ils déchirèrent leurs drapeaux et se séparèrent. Quelques escadrons, qui s’étaient retardés à piller des couvents, furent atteints dans la Nord-Hollande par le comte de Megen, qui les fit tous prisonniers ; après quoi il fit sa jonction avec Noircarmes, et mit garnison dans Amsterdam. Trois compagnies d’infanterie, dernier débris de l’armée des Gueux, furent surprises jiar le duc Éric de Brunswick , près de Viane, où elles voulaient s’emparer d’une forteresse. Elles furent battues complètement , et leur chef Rennesse fait prisonnier, pour être bientôt après décapité, à Utrecht, dans le château de Freudenbourg. Lorsque ensuite le duc Éric entra dans Viane, il ne trouva plus que des

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