Strad., 196. — Durgund., ii
2. Dans la première édition : « (Jue^la moelle et le noyau solide. *
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•298 inSTOlHE DE LA HÉVOLTE DES PAYS-BAS.
breuse. Elle se composait des restes de ces légions victorieuses à la tête desquelles Charles-Quint avait fait trembler l’Europe: bandes avides de carnage, inébranlables, dans lesquelles revivait l’ancienne phalange macédonienne, rapides et assouplies par un long exercice , endurcies contre tous les éléments, lières de la fortune de leur général, et enhardies par une longue suite de victoires, redoutables par la licence, plus redoutables encore par la discipline, lancées, avec toutes les passions d’un climat plus chaud, sur une contrée douce et fertile, et impitoyables envers un ennemi que l’Église maudissait. Ce désir fanatique de carnage , cette soif de gloire et ce courage naturel étaient enllammés par une sensualité grossière, le plus fort et le plus sûr lien par lequel le général espagnol menait ces bandes farouches. Avec une indulgence calculée, il laissait la débauche et la volupté envahir son armée *. Sous sa protection tacite , des filles de joie italiennes suivaient les drapeaux; dans le passage même des Alpes, où la cherté des vivres le força de réduire son armée au plus petit nombre possible, il aima mieux avoir quelques régiments de moins que de laisser en arrière ces instruments de volupté Mais autant il s’appliquait d’un côté à corrompre les mœurs de ses soldats, autant, d’un autre côté, il les comprimait sous une discipline outrée, à laquelle la victoire faisait seule exception , et qui ne trouvait de relâche que dans la bataille. En quoi il appliquait la maxime du général athénien Iphicrate , qui décernait la palme de la bravoure au soldat voluptueux et avidfe*. Plus les désirs avaient été douloureusement contenus sous une longue contrainte, plus devait être
1. La première édition ajoute; a Et une licence impudente étoulTer toute moralité. »
2. Cette marebe, vraie bacchanale, contrastait assez étranftement avec la sombre austérité et la sainteté prétendue de son but. Le nombre de ces filles publii[ucs était si démesuré, que la nécessité leur donna l’idée d’établir spontanément entre elles une certaine discipline. Elles se formèrent en compagnies particulières, marchèrent en rangs et en files, derrière chaque bataillon, avec un onlre militaire surprenant, et elles se divisaient, avec une rigoureuse étiquette, d’apiès le rang et le salaire, en prostituées de commandants, do capitaines, riches et pauvres prostituées de soldats, selon que la fortune les avait traitées, et que leurs prétentions baissaient ou s’élevaient. — Mclcren, IU4. (Sole de l'aiileur.)
3. La première édition renvoie ici, on note, i Plutarque, l’ie de Galba.