‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 159 sur 228 · Strad., 200, 201. — Burguod., 393, — Helcren · texte numérisé non relu

Strad., 200, 201. — Burguod., 393, — Helcren

UVRE. QUATRIÈME, avec le moins de bruit possible, à travers ce dangereux passage, persuadé que c’en serait fait de lui s’il donnait le moindre sujet de plainte. La plus rigoureuse discipline fut observée pend.ant toute la marche; pas une cabane, pas un champ ne souffrit de dommages', et jamais peut-être de mémoire d’homme une aussi nombreuse armée ne fit un si long chemin dans un ordre si parfait. Cette armée envoyée pour le meurtre fut conduite saine et sauve, à travers tous les périls , par son étoile redoutable , et il serait difficile de décider si c’est la prudence de son chef ou l’aveuglement de ses ennemis qui mérite le plus notre étonnement*.

Dans la Franche-Comté quatre escadrons de cavalerie légère, nouvellement levés , se joignirent à l’armée, qui se renforça aussi, dans le Luxembourg, de trois régiments d’infanterie allemande , amenés au duc par les comtes d’Éberstein , de Schauenbourg et de Lodrona. Üe Thionville, où il se reposa quelques jours, il envoya complimenter la gouvernante par François d'Ibarra, qui était aussi chargé de s’entendre avec elle sur le logement des troupes. De la part de la gouvernante, Noircarmes et Barlaimont parurent dans le camp espagnol, pour féliciter le duc de son arrivée et lui rendre les honneurs accoutumés. Ils devaient aussi lui demander son plein pouvoir royal, mais il ne leur en fit voir qu’une partie. Ils furent suivis d'une foule de gentilshommes flamands , qui ne croyaient pouvoir trop se hâter de gagner les bonnes grâces du nouveau gouverneur, ou d’apaiser par une prompte soumission la vengeance qui s’avançait contre eux. Quand le comte d’Egmont s’approcha parmi les autres, le duc d’.Ube le montra aux personnes qui l’entouraient, en disant : « Voici un grand hérétique! ■ d’une voix assez haute , pour être entendu du cotnte , qui s’arrêta troublé à ces paroles et changea de couleur. Mais, quand le duc, pour réparer son irréflexion , s’avança vers lui avec un visage serein,

1. Une fois seulement, à l’entrée <le la Lorraine, trois cavaliers osèrent enlever quelques moutons d’un troupeau; mais le duc n’en eut pas plutôt connaissance qu’il renvoya au propriétaire ce qui lui avait été volé, et condamna les coupables à être pendus. A la prière du général lorrain, qui était venu le saluer à la frontière, celte sentence ne fut exécutée que sur l’un des trois, que le sort désigna sur le tambour. — .Slrad., 202. (So(e de Vauteur.)

Page 1