‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 160 sur 228 · îtiirgund., 49C, 497. — Strad., 1. c · texte numérisé non relu

îtiirgund., 49C, 497. — Strad., 1. c

et le salua amicalement en l’embrassant , le Flamand fut honteux do sa frayeur, et, par une interprétation étourdie, méprisa cet avertissement. 11 scella cette nouvelle amitié par le présent de deux excellents chevaux, que le duc accepta d’un air d'aflable grandeur *.

Sur l’assurance de la gouvernante , que les Provinces jouissaient d’un parfait repos, et qu’on n’avait à craindre de révolte d’aucun cOté, le duc licencia quelques régiments allemands qui avaient touché jusqu’alors la demi-solde. Trois mille six cents hommes furent logés à Anvers , sous les ordres de Lodrona , et la garnison wallonne, dont on n’était pés bien sûr, dut aussitôt quitter la place. On mit une garnison proportionnellement forte à Gand et dans d’autres villes importantes. Albe lui-même se dirigea, avec la brigade milanaise, vers Bruxelles, où l’accompagna une brillante escorte de la première noblesse du pays ’.

Là , comme dans toutes les autres villes des Pays-Bas, l’anxiété et la terreur l’avaient précédé, et ceux qui se sentaient coupables d’une faute quelconque , ceux même qui se croyaient innocents attendaient cette entrée avec inquiétude comme le lever d’un jour de jugement. Tout ce qui pouvait s’arracher à sa famille, à ses biens, à sa patrie , s'enfuyait ou avait déjà pris la fuite. D’après la propre déclaration de la gouvernante, l’approche de l’armée espagnole avait déjà dépeuplé les provinces de cent mille citoyens, et cette fuite générale durait encore sans interruption*. Mais l’arrivée du général espagnol ne pouvait être plus odieuse aux Néerlandais qu’elle n’était blessante et accablante pour la duchesse. Enfin, après tant d’années, pleines de soucis, elle avait commencé à goûter les douceurs du repos et de cette autorité incontestée qui avait été son vœu le plus ardent pendant ses huit ans d’administration et était demeurée toujours jusque-là un vain souhait. Ce fruit de son application inquiète, de ses soins et de ses veilles, lui devait être enlevé maintenant par un étranger, qui , étant mis tout d’un coup en possessiou de tous les avantages qu’elle n’avait pu con-

1. Meteren., 105. — Menrs. , 3T. — Strart. , ÎOÎ. — Watson , t. II, p. 9.

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