PREMIÈRES MESURES DU DUC D’ALBE
ET ItETUAITE UE U DUCHESSE DE l’ARME
Le premier acte du duc, aussitôt qu’il se fut assuré des grands les plus suspects, fut de rendre à l’inquisition son ancienne autorité, de remettre en vigueur les décrets du concile de Trente, d'abolir la modération, et de faire revivre, avec toute leur rigueur d’autrefois , les édits contre les hérétiques*. En Espagne, le tribunal de l'inquisition avait déclaré • coupable de lèse-majesté au premier chef, » toute la nation néerlandaise, catholiques et hérétiques, fidèles et révoltés, sans distinction, ceux-ci s’étant rendus criminels par leurs actes, ceux-là par leur négligence, à l’exception d’un petit nombre de personnes qu’on se réservait de désigner par leurs noms, et le roi avait confirmé cet arrêt par une sentence publique. 11 se déclarait quitte en mémo temps de toutes ses promesses , et dégagé de toutes les conventions que la gouvernante avait faites en son nom avec le peuple des Pays-Bas; le pardon était toute la justice qu’on pouvait désormais attendre de lui. Tous ceux qui avaient contribué au renvoi du cardinal Granvelle, qui avaient pris part à la requête de la noblesse confédérée, ou seulement qui en avaient parlé favorablement ; tous ceux qui avaient présenté des suppliques contre les canons de Trente, contre les édits de religion ou l’établissement des évéques ; tous ceux qui avaient permis les prêches publics ou qui les avaient faiblement réprimés;