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nouveaux membres des états n])puieraient, avec le zèle le plus ardent, la cour, à laquelle ils devaient leur existence, et feraient pencher du côté du roi, dans tes assemblées, la pluralité des suffrages. Tous les abbés et les moines s’irritèrent contre les nouveaux évéques , parce que ceux-ci avaient part aux revenus des couvents et des fondations pieuses, et qu’ils étaient institués pour être les réformateurs du clergé. Iæ peuple les détestait comme les instruments de Kodieux tribunal de l’inquisition, qu’on voyait dqà venir à leur suite. Les procédures cruelles qui. conformément aux sévères édits de religion, étaient entreprises contre les hérétiques; l’insolence des troupes espagnoles qui, contrairement à la constitution, étaient encore en garnison, depuis 'la dernière guerre, dans les places frontières, et dont on expliquait de la manière la plus odieuse le séjour prolongé, en le liant aux griefs particuliers qu'on avait contre le ministre : tout cela se réunissait pour remplir la nation d’inquiétudes et pour révoller la noblesse comme le peuple contre le joug de Granvelle.

Parmi les mécontents , le prince d’Orange, le comte d’Egmont et le comte de Hoorn s’unirent de la manière la plus étroite. Ils étaient tous trois conseillers d’État , et avaient eu à soulfrir également de l'esprit dominateur du cardinal. Après avoir en vain essayé de .se faire un parti dans le reste de la noblesse , qu’une crainte servile du ministre détournait encore "d’une démarche hardie , ils se décidèrent à accomplir à eux seuls leur dessein et rédigèrent en commun une lettre au roi, dans laquelle ils accusaient personnellement Granvelle comme l’ennemi de la nation et l’auteur de tous les troubles. Ils déclaraient que le mécontentement général ne cesserait pas tant que ce prélat détesté serait assis au gouvernail, et qu'eux-mémes ils ne pourraient plus paraître au conseil d'Etat s'il ne plaisait au roi d’éloigner cet homme. Comme cette demande fut sans succès , ils abandonnèrent en etfet le conseil, où le cardinal, de ce moment, exerça une domination absolue.

N’ayant pas réussi à écarter de cette façon le ministre , ils tentèrent de l’amener , en couvrant de ridicule sa personne et •son administration , à résigner lui-méme ses fonctions, line idée plaisante qu’eut Egmont de donner à toute la domesti-

332 HISTOlIUv L)E LA UÉVOLTE UES PAYS-BAS. cité de la noblesse une livrée commune sur laquelle était brodé un bonnet de fou , exposa le cardinal à la risée du public , à un tel point que la cour dut se mêler de la chose et interdire cette livrée. La licence de la plèbe envers le ministre alla si loin qu’on lui glissait des pasquinades dans la main lorsqu’il se montrait en public. 11 avait bravé la haine de toute la nation , mais il ne put supporter le mépris public poussé aussi loin. 11 se démit de sa place de ministre et quitta les Provinces.

.'\])rès le départ de Granvelle, le comte d’Egmont eut presque sans conteste le premier rang dans la faveur de la gouvernante. Mais , comme il manquait une main ferme pour tenir unie la noblesse divisée entre elle-même et conduite par les intérêts privés les plus divers , l’anarchie devint générale. La justice était mal administrée , les linances négligées; la religion allait en décadence , et les sectes prenaient de l'extension. Un renouvellement, avec aggravation, des édits religieux, envoyé d’Espagne, fut la suite immédiate de ces désordres. Mais le peuple, giUé par l’indulgence témoignée jusqu’alors , ne voulait plus supporter ce joug. Vers ce même temps devaient être mis à exécution dans les Pays-Bas les décrets du concile de Trente. Le contenu de ces décrets était contraire aux privilèges des Provinces, et tous les états s’élevaient contre eux. Pour amener le roi à d’autres idées , la gouvernante envoya en Espagne le comte d’Egmont , qui , de vive voix , par ses rapports , pouvait l’instruire de l’état présent des choses mieux qu’il n’était possible de le faire dans des lettres. Egmont partit des Pays-Bas au mois de janvier 1565.

L’accueil qu’il reçut à Madrid fut des plus distingués. Le roi et tous ses grands de Castille s’efforcèrent à l’envi de flatter sa vanité. Toutes ses demandes particulières lui furent accordées avec une générosité qui dépassait son attente , et ces faveurs furent encore accompagnées , à son départ , d’un présent de cinquante mille florins. De doux reproches que lui fit le roi, dans une audience privée, sur les libertés qu’il avait prises à l’endroit de Granvelle, durent augmenter plutôt qu’amoindrir sa confiance dans la sincérité du monarque. Sur les dispositions de Philippe envers la nation néerlandaise , il reçut de Philippe luimême et de tous ses conseillers les meilleures assurances. Le

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roi , lui disait-on , voulait, d’après les informations plus exactes qu’il tenait maintenant du comte, avoir égard au vœu unanime des Provinces, et préférer les voies de douceur aux mesures violentes, Egmont quitta Madrid comme le plus heureux des hommes; il remplit les Pays-Bas des éloges du monarque, pendant que derrière lui arrivaient sans retard de nouveaux édits qui démentaient ses assurances.

11 se réveilla trop tard de son ivresse. La voix publique l’accusait d’avoir sacrifié le bien commun à son intérêt privé. Il cria bien haut contre la perfidie espagnole et menaça de se démettre de tous ses emplois. Mais il s'en tint à la menace.... Egmont avait onze enfants , et des dettes pesaient sur lui. Il ne pouvait se passer du roi.

La publication des édits de religion aggravés eut pour conséquence cette ligue de la noblesse inférieure qui est connue sous le nom d’alliance des Gueux. Egmont ne prit lui-même aucune part à ia confédération , mais beaucoup de ses amis intimes et de ses vassaux y entrèrent : au nombre était son propre secrétaire, Jean Casembrot de Beckerzeel. Cette circonstance aggrava dans la suite son accusation. 11 avait su ce fait , disait-on , gardé cependant cet homme à son service , et par là il s’était rendu coupable lui-même de haute trahison.

Un jour que le comte de Bréderode traitait, dans l’hôtel de Kuilembourg, à Bruxelles, les gentilshommes confédérés, le hasard voulut qu’ Egmont, avec quelques amis, passât devant la maison. Une curiosité innocente l’y attira. Il fut forcé de boire avec les convives. On proposa la santé des Gueux ; il la porta sans savoir ce qu’on entendait par là. Sur cette circonstance encore fut fondée plus tard une accusation de haute trahison.

Peu de temps après l’institution de l’alliance des Gueux, éclatèrent dans les Provinces les ravages des iconoclastes. Les gouverneurs se rendirent en toute hâte de Bruxelles dans leurs gouvernements, pour rétablir la tranquillité. Là Egmont se distingua par-dessus tous les autres par son zèle. 11 fit punir de mort, dans l'Artois et dans la Flandre, beaucoup de rebelles, et fit rentrer les protestants dans le repos. Mais ce grand service même lui fut plus fard imputé comme une haute trahi.son , parce qu’il

334 lIISTÜlHt: DE I.A UÉVOLTE DES PAY§-BAS. avait fait aux protestants quelques petites cona'ssions qu'il eût été hors d’état de leur refuser violemment.

I.es excès des prêches publics et des iconoclastes mirent aux mains des ennemis irréconciliables du peuple néerlandais ; du cardinal (iranvelle, qui avait toujours gardé son ancienne inlluence sur le roi, du duc d’Albe, du grand inquisiteur Spinosa, des armes puissantes, pour porter dans l’âme du monarque, aux chefs de la noblesse des Pays-Bas, une mortelle blessure. Tous ces désordres furent mis sur leur compte. lÆur tiédeur au service du roi , leur indulgence envers les sectes qui faisaient irruption , leurs intrigues et leurs encouragements secrets , leurs exemides d’opposition , leurs liaisons avec les Gueux confédérés, tout cela devait avoir contribué â la fois à élever le courage des rebelles et à favoriser leurs excès. A cela se joignait qu’un grand nombre des furieux qu’on avait saisis dans le ravage des églises et condamnés à mort, s’armaient des noms du prince d’Orange, des comtes d’Egmont , de Hoorn , et d’autres , et cherchaient à pallier ainsi leurs propres infamies. Assurément , sans les bruyantes protestations que les grands des Pays-Bas avaient élevées contre la cruauté des prescriptions pénales , jamais le commun peuple n’eût été assez hardi j)our braver ouvertement ces prescriptions et se porter à de telles violences. Mais de quel droit pouvait-on imputer k ces grands des conséquences auxquelles ils n’avaient jamais songé? Ces protestations pouvaient se concilier avec la plus rigoureuse fidélité envers le monarque, et l’intérêt de la nation , dont ils étaient les représentants, leur en faisait un devoir sacré : comment pouvait-on les rendre responsables des conséquences malheureuses de leurs vues louables ?

Le conseil de Ségovie en jugea autrement, ün pereuada au . roi de changer la conduite qu’il avait tenue jusqu’alors , d’épargner le peuple , comme étant la partie trompée de la nation , et de châtier les grands. On ne peut nier que les apparences ne fussent contre ceux-ci , et un monarque comme Philippe ne pouvait guère regarder leur manière d’agir d’un autre point de vue. I-a noblesse néerlandaise montrait des prétentions qui étaient sans exemple dans tout le reste de l’empire. S’appuyant sur les titres orgueilleux de la liberté représentative, et con-

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firniée encore plus, par la préférence et la faiblesse de Cliarlrs- Qiiint pour sa patrie, dans une présomption qu'elle poussait déjà à un si haut degré , elle se laissait guider , dans toutes ses actions, par un esprit d’indépendance qui allait jusqu’à la licence et était tout à fait inconciliable avec les principes d’un monarque absolu. Ce qui à Bruxelles était une liberté tout ordinaire et légitime devait nécessairement choquer à Madrid comme la prétention la plus illégitime. La grandesse de Castille était lière aussi de scs avantages; mais un souverain qui les reconnaissait pouvait la conduire, par son orgueil même, comme à la lisière. L’esprit d’indépendance qu’on n’avait pas pu non plus étoull'er encore i)anni les grands d’Espagne, se conciliait avec la monarchie , avec le despotisme même , parce que ces grands précisément étaient habitués au des])otisme par celui qu’ils exerçaient sur leurs propres sujets ; tandis que la noblesse néerlandaise , au contraire , avait entièrement désappris à supporter le despotisme , parce qu’elle commandait ellemême à des hommes libres, parce que, elle-même, elle ne pouvait exercer de tyrannie.

Le roi ayant une telle prévention contre les chefs de Ja noblesse néerlandaise, il n’était pas étonnant qu’il eût recours envers eux ai^x mesures les plus violentes. Dès ce moment, la perte du prince d’Orange, des comtes d’Egmont, de Hoorn, et de beaucoup d’autres, était résolue en secret. Mais, pour les attirer dans le piège qu’on leur préparait, il fallait d’abord qu’ils fussent rassurés par de feints témoignages de la satisfaction royale. Ort leur écrivit les lettres les plus gracieuses, où surabondaient les protestations de confiance et de faveur. Les griefs et les reproches qu'on y mêlait habilement donnaient à ces assurances un air de sincérité, et jetaient ceux à qui elles s’adressaient dans une dangereuse sécurité, comme si c’eût été là tout ce qu’on avait à leur imputer. Dans ces lettres, on disait souvent au duc d’Egmont les choses les plus dures; l’idée lui venait d’autant moins qq’il pût y avoir encore autre chose en réserve.

Autant il était facile d’attirer Egmont dans le piège, autant on avait de peine à tromper le prince d’Orange. Plus de jugement et de calcul, une plus grande connaissance du monde et

des cours, et son attention à observer ses ennemis, le préservèrent de la déception. Vers le même temps où le roi était si prodigue, envers lui et ses amis, des assurances de sa satisfaction, un commencement de lettre intercepté, écrit par un envoyé d’Espagne à Paris, lui découvrit les vrais sentiments du monarque. Dans une réunion qu’il se ménagea avec les comtes d’Egmont, de Hoorn, de Hoogstraeten et de Nassau, à Dendermonde en Flandre, il leur communiqua cet écrit, dont le contenu fut encore confirmé par un autre que Hoorn avait reça vers le même temps de Madrid. On voulut s entendre sur les mesures qu’on avait à prendre en commun dans ce danger pressant; on parla de résistance à force ouverte, et pour cela on comptait particulièrement sur le crédit d Egmont auprès des troupes néerlandaises. Mais de quel étonnement ne fut-on pas saisi quand Egmont intervint et fit la déclaration suivante ;

. J’aime mieux subir tout ce qui peut arriver que de tenter si témérairement la fortune ! Le bavardage de l’Espagnol Alava me touche* peu. Comment cet homme parviendrait-il à voir dans l’ûme fermée de son m'aître et à dôchilîrer ses secrets? Les nouvelles que nous donne Montigny ne prouvent qu une chose ; c’est que le roi a une opinion très-équivoque de notre zèle pour son service; qu’il croit avoir des raisons de se défier de notre fidélité; et notre conduite antérieure lui a donné sujet, ce me semble, de penser ainsi. Aussi ma résoluüon bien arrêtée est de lui inspirer une meilleure opinion de moi en redoublant de zèle, et d’elfacer par mes actes futurs le soupçon que ma vie passée a pu jeter sur moi. Et comment pourrais-je m’arracher des bras de ma nombreuse famille, qui a besoin de mon appui, pour me traîner en fugitif dans les cours étrangères, à charge à tous ceux qui m’accueilleront, esclave de quiconque voudra s’abaisser à me soutenir, et devenu le valet des étrangers pour échapper à une contrainte, après tout tolérable, dans ma patrie? Jamais le monarque ne pourra maltraiter un serviteur qui lui fut autrefois cher, et qui s’est acquis un droit fondé à sa reconnaissance. Jamais on ne me persuadera que ce prince, qui nourrissait, comme il m’en a donné 1 assurance expresse, des sentiments si bienveillants pour son peuple des Pays-Bas, forge à présent contre lui des desseins si despo-

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tiques. Quand nous aurons seulement rendu au pays sa première tranquillité, chitié les rebelles, rétabli le culte catholique, alors, croyez-moi, l’on n’entendra plus parler ici de troupes espagnoles : et c’est à cela que je vous invite tous en ce moment par mon conseil et mon exemple; à cela aussi que la plupart des nobles inclinent déjà. Moi, pour ma part, je ne crains rien de la colère du monarque. Ma conscience m’absout; Mon sort dépend de sa justice et de sa bonté*. »

Toutes les représentations du prince d'Orange furent vaines. L’explosion des fureurs iconoclastes avait ouvert les yeux d’Egmont sur sa propre conduite. Il était zélé catholique et dévoué au roi pour plus d’un motif, et plus qu’il ne le savait lui-mème. Une correspondance suivie avec la cour, des relations pleines de conliance avec la régente, et, plus que tout cela, les obligations personnelles qu’il avait au roi, le tenaient attaché i la couronne de la manière la plus étroite. Combien durent donc le révolter les violences inouïes auxquelles se portèrent les sectes, sous le prétexte de cette liberté qu’il avait défendue pour elles dans les vues les plus innocentes! Dès lors il sépara entièrement sa cause de la leur, et se prêta à toutes les mesures que la régente mit à exécution contre eux. Lorsqu’elle demanda à toute la noblesse un nouveau serment de fidélité, il fut uq des premiers à le prêter.

Vers ce temps-là, on résolut en Espagne d’envoyer dans les Pays-Bas une armée espagnole, que devait commander le duc d’Albe. La régente avait rétabli le repos dans les Provinces mômes par la voie des armes, et presque entièrement écrasé les protestants. Comme les troubles étaient étouffés et le pays pacilié, cette arrivée du duc à la tète d’une armée ne pouvait avoir d’autre but que le châtiment du passé et l’oppression des grands redoutés. Le caractère personnel du duc d’Albe, plus encore que les avis qu’on recevait d’Espagne, confirmait cette croyance.

La terreur que répandit ce bruit amena la noblesse rebelle aux pieds de la régente. Ceux qui s’étaient rendus trop coupables pour pouvoir encore espérer le pardon, ou qui ne se

1. Ce discours est le môme, à quelques mo?s prés, que celui qui se trouve plus haut dans VHistoire de la BévoUe des Pays-Bas ^ liv. IV, p. 2^9 et suir.

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liaient pas aux promesses incertaines de clémence, s’enfüirent à la luUe du pays, et préférèrent abandonner tous leurs biens. Au nombre de ces derniers était le prince d'Orange; mais, avant son départ, il essaya encore de décider à une semblable résolution le comte d’Egmont. C’est à Villebroek, village situé entre Anvers et Bruxelles, qu’eut lieu l’entrevue, à laquelle assista aussi le comte de Mansfeld et un secrétaire particulier de la régente. Après que ces derniers , conjointement avec le comte d’Egmont, eurent essayé en vain de changer la détermination du prince d’Orange, Egmont suivit le prince auprès d’une fenêtre.

■ Il t’cn coûtera tes biens, Orange, dit Egmont, si tu persistes dans ce projet. — El à toi la vie, Egmont, si tu ne changes pas de résolution, répondit le prince. .Moi , du moins, quel que soit mon sort, j’aurai la consolation d’avoir soutenu mes amis et ma patrie, à l’heure du besoin, par mon exemple et mes conseils; toi, tu entraîneras dans une môme ruine, avec toi, tes amis et la patrie. >

Le prince employa encore une fois toute son éloquence pour ouvrir les yeux de son ami sur le prochain danger et le décider à une détermination salutaire; mais ce fut en vain. Egmont était enchaîné par mille liens à sa patrie; une confiance insensée l’aveuglait, et son destin s’opposait à sa l\iite.

« Jamais, Orange, tu ne me persuaderas, dit-il, de voir les cho^s sous ce jour sombre où elles t’apparaissent. Si je parvjens à abattre les rebelles et à rendre aux Provinces leur ancien repos, quels re|)roches le roi pcut-il me faire? Le roi est bienveillant et juste; je me suis acquis des droits à sa reconnaissance. Dois-je m’en déclarer moi-niéme indigne par ma fuite? — Eh bien , soit, s’écria Orange, risque-toi donc sur la foi de cette reconnaissance royale 1 Mais un triste pressentiment me dit, et fasse le ciel qu’il me troni|»e! que c’est toi , Egmont, qui seras le pont par lequel les Espagnols entreront dans le pays, et qu’ils rompront lorsqu’ils l’auront passé. » A ces mots , il l’embrassa encore; ses yeux étaient humides. Ils s’étaient vus pour la dernière fois '.

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