‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 176 sur 228 · Strad.) de Bello belgico, dcc. Il» lib. Vf · texte numérisé non relu

Strad.) de Bello belgico, dcc. Il» lib. Vf

SemU-ER. IllST. 1

364 inSTOllîÉ DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. que pjir la pointe, et que, dans les entreprises militaires, il fallait plutôt oonsidi'rer la force qui imprime le mouvement, que la masse qu’il faut mouvoir. Il connaissait le mécontentement de son armée, mais il connaissait aussi son obéissance ; et il croyait fermement ne pouvoir mieux prévenir les plaintes des soldats qu’en les occupant k une entreprise importante, par l’éclat de laquelle il enflammait leur désir de gloire, en même temps qu’il excitait leur cupidité par le haut prix que promettait la conquête d’une ville si opulente *.

Dans le plan qu’il traça pour ce siège, il chercha à lutter avec énergrie contre tous ces obstacles divers. La seule puissance par laquelle on pût espérer de réduire la ville était la faim ; et, pour soulever contre elle ce terrible ennemi, il fallait fermer fous les passages par terre et par eau. Pour lui couper d’abord , ou du moins pour lui rendre difflcile, tout approvisionnement de Zélande, on voulait s’emparer de tous les forts que les Anversois avaient construits sur les deux rives de l’Escaut pour protéger la navigation, et, dans les lieux qui s’y prêtaient, élever de nouvelles redoutes, d’où l’on pourrait dominer tout le cours du fleuve. Mais afin que, dans l’intervalle, la ville ne pût tirer de l’intérieur du pays les vivres qu’on cherchait à lui couper du côté de la mer, toutes les villes voisines , du Brabant et de la Flandre, devaient être comprises dans le plan du siège, et la chute d’Anvers fondée sur la chute de toutes ces places : entreprise audacieuse et presque extravagante, si l’on considère combien les forces du duc étaient bornées, mais que justifia le génie de son auteur et que la fortune couronna par un brillant succès *.

Mais, comme il fallait du temps pour exécuter un plan si étendu, on se contenta provisoirement d’élever de nombreuses redoutes sur les canaux et les rivières qui lient la ville d’Anvers avec Dendermonde, Gand, Malines, Bruxelles et d’autres places, et d'entraver par là les communications. En même temps, on logea dans le voisinage de ces villes, et presque à leurs portes, des garnisons espagnoles, qui ravageaient le plat pays et infes-

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