Strad. , dec. Il, Ub. VI
SUPPLÉMENT
taient par leurs courses les environs. Ainsi, autour de la seule ville de Gand furent établis environ trois mille hommes, et autant à proportion autour des autres. De cette manière, et au moyen des intelligences que le duc entretenait avec les habitants catholiques, il espérait, sans s'affaiblir lui-méine, épuiser peu à peu ces villes, et par les souffrances d'une petite guerre, mais incessante, les amener, même sans un siège en forme, à faire enfin leur soumission '.
Cependant l’armée principale fut dirigée contre Anvers, que le duc alors cerna complètement avec ses troupes. Il prit luiméme position à Beveren en Flandre, à peu de milles d’Anvers, et y établit un camp fortifié. Du côté de la Flandre, la rive de l’Escaut fut confiée au marquis de Rysbourg, général de la cavalerie; du côté du Brabant, au comte Pierre-Ernest de Mansfeld, auquel fut encore adjoint un général espagnol, .Mondragon. Les deux derniers passèrent heureusement l’Escaut sur des pontons, sans que le vaisseau amiral d’Anvers, qui fut envoyé contre eux, pùt y mettre obstacle; ils tournèrent ensuite la ville, et se postèrent près de Stabroeck, dans le territoire de Bergen. Quelques corps détachés se distribuèrent tout le long de la rive brabançonne, les uns pour occuper les digues, les autres pour fermer les passages par terre.
A quelques milles au-dessous d'Anvers, l’Escaut est défendu par deux forts, dont l’un est établi à Liefkenshoek, dans l’ile de Doel en Flandre, l’autre, vis-à-vis, à Lillo, sur la rive brabançonne. Mondragon avait bûti lui-même autrefois le dernier par l’ordre du duc d’Albe, quand celui-ci était encore le maître dans •Anvers, et, pour cela même, l’attaque lui en fut confiée parle duc de Parme. A la possession de ces deux forts semblait tenir tout le succès du siège , parce que tous les vaisseaux qui viennent de Zélande à Anvers sont forcés de passer sous leurs canons. Les Anversois y avaient même ajouté peu auparavant de nouveaux ouvrages , et ceux du fort de Liefkenshoek n’étaient pas encore entièrement achevés, quand le marquis de Rysbourg l’atta({ua. La célérité avec laquelle les assiégeants se mirent à l’œuvre surprit les ennemis, avant qu’ils eussent suflisammeut préparé leur