I. Metcren, llist. des Pays-Bas, li». XII, 467 et sulv
défense , et un assaut tenté par les Espagnols lit tomber la forteresse entre leurs mains. Cette perte frappa les alliés , en ce même jour funeste où le prince d’Orange succomba à Délit sous les coups d'un assassin. Ix-s autres ouvrages qui étaient établis dans nie de Doel furent les uns abandonnés volontairement par leurs défenseurs, les autres emportés par surprise, de sorte qu’en peu de temps toute la rive flamande fut purgée d'ennemis. Mais le fort de Lillo , sur la rive brabançonne , opposa une résistance d'autant plus vive, parce qu’on avait laissé aux Anversois le temps de le fortifier et de le pourvoir d’une vaillante garnison. De furieuses sorties des assiégés , sous la conduite d’Odet de Téligny , soutenues par les canons du fort , ruinèrent tous les travaux des Espagnols , et une inondation , qu’on produisit en ouvrant les écluses , les chassa enlin de devant la place , après un siège de trois semaines et une perte de près de deux mille hommes. Ils se retirèrent alors dans leur camp fortifié de Stabroek , et se contentèrent d’occuper les digues qui coupent les basses terres de Uergen , et opposent un rempart à l’invasion de l’Escaut oriental
Ijc mauvais succès de l’attaque du fort Lillo changea les mesures du duc de Parme. N'ayant pu réussir par ce moyen à intercepter la navigation de l’Escaut, chose d’où dépendait pourtant tout le succès du siège, il résolut de fermer entièrement le fleuve au moyen d’un pont. La pensée était hardie, et bien des gens la jugeaient aventureuse. La largeur du fleuve, qui, dans cet endroit, a plus de douze cents pas, et la rapidité du courant, qui e.st encore augmentée par le flux et le reflux de la mer voisine, semblaient rendre impraticable tout essai de ce genre; ajoutez à cela le défaut de bois de construction, de barques, d’ouvriers, et la situation dangereuse entre les flottes d’Anvers et de Zélande, auxquelles, avec le secours d’un élément orageux, il devait être facile de troubler un si long travail. Mais le duc de Parme connaissait ses forces, et l’impossible pouvait seul vaincre son courage intrépide. Après avoir fait mesurer la largeur et la profondeur du fleuve, et avoir délibéré avec deux de
1. Metercn, Iliit. des Pays-Bas, liv. XII, 477, 478. — Strail., foc. cil. — Tkuan. , IlisI,, tom. II, 427.
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ses plus habiles ingénieurs, Barocci et Plato, il résolut de bâtir le pont entre Calloo en Flandre et Ordam en Brabant. On choisit cet endroit comme celui où le fleuve est le moins large et se courbe un peu vers la droite, ce qui retarde les vaisseaux et les force à changer de vent. Pour couvrir le pont, on construisit aux deux extrémités deux forts, dont l’un, situé sur la rive flamande, fut appelé le fort Sainte-Marie, et l'autre, sur la rive brabançonne, le fort Saint-Philippe, en l'honneur du roi
Tandis qu’on faisait dans le camp espagnol les apprêts les plus actifs pour l’exécution de cette entreprise, et que toute l’attention de l’ennemi était tournée de ce côté, le duc dirigea une attaque imprévue sur Dendermonde, ville très-forte, entre Gand et Anvers, au confluent de la Dendre et de l’Escaut. Aussi longtemps que cette place importante était dans les mains de l’ennemi, les villes de Gand et d’Anvers pouvaient se soutenir l’une l’autre, et, par leur facile communication, rendre inutiles tous les efforts des assiégeants. La prise de Dendermonde permettait au duc d’agir librement contre les deux villes, et pouvait devenir décisive pour tout le succès de son entreprise. La rapidité de son attaque ne laissa pas le temps aux assiégés d'ouvrir leurs écluses et d’inonder les environs. Le bastion principal delà ville, devant la porte de Bruxelles, fut aussitôt canonné vivement; mais le feu des assiégés faisait parmi les Espagnols de grands ravages. Au lieu d’en être découragés, ils n’en devinrent que plus ardents, et l’insolent défi de la garnison, qui mutila sous leurs yeux la statue d’un saint et la précipita du rempart en lui prodiguant les outrages, les jeta dans la dernière fureur. Ils demandèrent avec emportement d’être menés à l’attaque du bastion, quoique le canon n’eùt pas encore suflisaniment ouvert la brèche, et le duc permit l’assaut, afin de mettre à profit cette première ardeur. Après deux heures d’un combat meurtrier, le bastion fut escaladé, et tout ce qui put échapper à la première furie des Espagnols se jeta dans la ville. Elle fut, il est vrai, dès lors plus exposée au feu de l’ennemi, qui était dirigé contre elle de la redoute conquise; mais .ses fortes murailles et le large fossé plein d’eau qui renvironnait tout autour,