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Strad., doc. II, lib. VI

358 IIISTOIRE DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. devaient faire craindre une longue r^si.stnncc. Le gi'nie entreprenant du duc de Parme surmonta bientôt cette nouvelle difliculté. Tandis que le bombardement était continué jour et nuit, les troupes travaillèrent sans relôche à détourner la Dendre, dont les eaux alimentaient le fossé de la ville, et le désespoir saisit les assiégés quand ils virent ])eu à peu disparaître l’eau de leur fossé , la seule défense qui restât encore à la ville. Ils se hâtèrent de se rendre, et, au mois d’aoùt 1584, ils reçurent garnison espagnole. Onze jours avaient sufli pour exécuter une entreprise qui, au jugement des hommes du métier, eût semblé, devoir exiger autant de semaines'.

La ville de Gand , désormais sans communication avec Anvers et avec la mer, pressée de plus en plus par les troupes du roi, qui campaient dans le voisinage, et ne pouvant prévoir nul secours prochain, désespéra de son salut : elle voyait la famine s'avancer à pas menaçants avec toutes ses horreurs. Elle envoya donc des députés dans le camp espagnol, à Beveren, pour se soumettre au roi aux mômes conditions que le duc leur avait inutilement offertes quelque temps auparavant. On déclara aux députés que le temps des accommodements était ])assé, et qu’une soumission absolue pouvait seule apaiser le monarque irrité. On alla jusqu'à les menacer de leur infliger la môme humiliation à laquelle leurs rebelles prédécesseurs avaient dû se f^signer sous Charles-Quint, quand il leur avait fallu implorer leur grâce deminus et la corde au cou. I.es envoyés s’en retournèrent désespérés, mais, dès le troisième jour, parut une nouvelle députation, qui, par l’entremise d’un ami du duc de Parme, prisonnier des Gantois , réussit enfin à faire la paix à des conditions supportables. La ville dut payer une amende de deux cent mille florins, rappeler les catholiques bannis et chasser les réformés qu’elle avait dans ses murs ; cependant on accorda à ces derniers un délai de deux ans pour mettre ordre à leurs affaires. Tous les habitants obtinrent leur pardon, à la réserve de six, qui furent résignés pour le supplice, et auxquels on fit pourtant grâce dans la suite, et la garnison, qui se composait de deux mille hommes, put sortir avec les honneurs militaires. Ce traité fut conclu, au

1. SUad., lue. cil. — Meleren, liv. XII, 479. — Thuan, II, 5Î9.

SUPPLÉMENT

mois de septembre 15R4, au quartier général de Beveren, et, immédiatement après, trois mille hommes de troupes espagnoles entrèrent dans la place pour en former la garnison'.

C’était.t)ar la terreur de son nom et par la crainte de la famine, plutôt que par la force de ses armes, que le duc de Parme avait réduit cette ville, la plus grande et la plus forte des Pays-Bas, qui ne le cède pas en étendue à l'enceinte intérieure de Paris, qui compte trente-sept mille maisons et se compose de vingt lies, liées entre elles par quatre-vingt-dix-huit ponts de pierre. De brillants privilèges, que Gand avait su arracher à ses maîtres, dans le cours de plusieurs siècles, nourrissaient chez sa bourgeoisie l'esprit d'indé[)endance qui, assez souvent, dégénérait en bravade et en insolence, et qui entrait tout naturellement en lutte avec les maximes du gouvernement austro-espagnol. Ce courageux esprit de liberté valut aussi à la réformation de grands et rapides succès dans cette ville, et les deux mobiles réunis amenèrent toutes les scènes orageuses par lesquelles, pour son malheur, elle se signala dans le cours de la guerre néerlandaise. Outre les sommes d'argent que le duc de Parme leva alors sur la ville, il trouva encore dans ses murs une riche provision d'artillerie, de chariots, de barques et de matériaux de toute espèce, avec le nombre nécessaire d’ouvriers et de matelots, qui no favorisèrent pas médiocrement son entreprise contre Anvers

Avant même que la ville de Gand se soumit au roi , celles de Vilvorde etdellerentals étaient déjà tombées dans les mains des Espagnols, qui avaient aussi occupé les forts voisins du bourg de Villebroek , ce qui isolait Anvers de Bruxelles et de Matines. La perte de toutes ces places, arrivée en si peu de temps, enleva aux Anversois toute espérance de secours du côté du Brabant et de la Flandre , et réduisit toutes leurs chances à ceux qu'ils attendaient de Zélande , et que le duc de Parme se disposait désormais sérieusement à intercepter

1. Meteren, liv. XII, *79, 4W). — Slrad., loc. cit., 562. 583.— Hitt. gén. üri l’rut.-Un., liï. XXI, 4*0 (t. VI, p. 18, 20 de l’éd. franç.).

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