‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 184 sur 228 · Mflcron, 484. — Tliuan., II, 529.— Grotius · texte numérisé non relu

Mflcron, 484. — Tliuan., II, 529.— Grotius

SUPPl.ÉMENT.

près aussi nuisible, si seulement on s’était bien entendu sur le but. .Mais c’était sur cela même que les citoyens riches et la multitude étaient divisés en deux partis opposés, attendu que les premiers craignaient tout, et non sans raison, si l’on en venait aux dernières extrémités, et par là étaient très-disposés à entrer en négociation avec le duc de Parme. Ces sentiments ne restèrent secrets que jusqu’au moment où le fort de Làefkenshoek tomba dans les mains de l’ennemi, et où l’on commença à craindre sérieusement pour la navigation de l’Kscaut. Quelquesuns des riches partirent pour ne plus revenir, et abandonnèrent à son sort cette ville avec laquelle ils avaient joui de la prospérité, mais dont ils ne voulaient pas partager le malheur. Soixante ou soixante-dix personnes de cette classe, qui étaient demeurées, adressèrent au conseil une requête, dans laquelle elles exprimai(‘iit le vœu qu’on traitât avec le roi. Mais, aussitôt que le |)euple en eut connaissance, il entra dans une telle fureur qu’on eut peine à l’apaiser en incarcérant les pétitionnaires et en leur inlligeant une amende. 11 ne rentra pas dans le calme avant qu'on eût rendu un édit qui établissait la peine de mort contre toute tentative secrète ou publique d’accommodement'.

Le duc de Parme , qui entretenait à .\nvers , comme dans les autres villes de la Flandre et du Drabant, de secrètes intelligences, et qui était bien servi par ses espions, n’ignora aucun de ces mouvements , et il ne négligea pas d'en tirer avantage. Quoique ses ouvrages fussent assez avancés pour inquiéter 1a place, il avait encore fort à faire pour s’en rendre maître, et un seul instant de malheur pouvait anéantir le travail de plusieurs mois : aussi, sans interrompre aucunement ses préparatifs militaires, fit-il encore une sérieuse tentative, pour se rendre maitre de la ville par des voies de douceur. Dans cette vue, il adressa, vers la fin de novembre de cette année (1584), au grand conseil d’Anvers un écrit dans lequel étaient mis en usage tous les artifices pour décider les bourgeois à rendre la ville ou pour augmenter entre eux la division. 11 les considérait, dans ce mémoire, comme des hommes séduits, et rejetait toute la faute de leur défection, et de leur résistance jusqu’alors, sur l’esprit ar-

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