‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 185 sur 228 · Meteren · texte numérisé non relu

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368 HISTOinE DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. tificieux du prince d'Orange, dont la justice divine les avait récemment délivrés. Maintenant, disait-il, il était en leur pouvoir de sortir de leur long aveuglement, et de revenir à un roi qui était disposé à faire grâce. Pour cet effet, ajoutait-il, il s’ofl'rait lui-même avec joie comme médiateur , car il n’avait jamais cessé d’aimer un pays où il était né, et où il avait passé les plus agréables années de sa jeunesse. Il les exhortait donc à lui envoyer des plénipotentiaires, avec le.squels il pût traiter de la paix; il faisait espérer les conditions les plus favorables, s’ils se soumettaient à temps; mais il faisait craindre aussi les plus dures, s’ils laissaient venir les choses aux dernières extrémités.

Cet écrit, dans lequel on est heureux de ne pas retrouver le langage que le duc d’Albe avait coutume de tenir dans de pareilles conjonctures dix ans auparavant, provoqua de la part de la ville une réponse décente et mesurée, où, tout en rendant pleine justice au caractère personnel du prince, et en témoignant sa reconnaissance des sentiments bienveillants qu’il avait pour elle, elle déplorait la rigueur des circonstances, qui ne lui permettaient pas d’agir avec elle conformément à son caractère et son inclination. Elle remettrait avec joie, disait elle, son sort dans les mains du duc de Parme, s’il était maître absolu de ses actions, et ne devait pas obéir à une volonté étrangère, que sa propre équité naturelle ne pouvait assurément pas approuver. On ne connaissait que trop l’infléxible résolution du roi d'Espagne et la promesse qu’il avait faite au pape ; de ce côté toute espérance était perdue. La ville défendait ensuite avec une noble chaleur la mémoire du prince d’Orange, son bienfaiteur et son sauveur, en énumérant les véritables causes qui avaient amené cette funeste guerre et détaché les Provinces de la couronne d’Espagne. En même temps , elle ne cachait pas qu’elle espérait maintenant trouver dans le roi de France un nouveau maître, d’un esprit plus doux, et que, par ce motif môme, elle ne pouvait conclure aucun arrangement avec le roi d’Espagne, sans se rendre coupable de la légèreté et de l’ingratitude les plus condamnables '.

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