‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 194 sur 228 · Straii. , dec. II, lib. VI, 58S · texte numérisé non relu

Straii. , dec. II, lib. VI, 58S

SUPPLEMENT

force du fleuve. Le succès montra qu’il avait bien calculé, car non-seulement ce vaisseau qui avait ses voiles en dessous, suivit exactement le juste milieu du fleuve, mais il se jeta sur le pont avec une telle violence, qu’il ne laissa pas à l’ennemi le temps do l’ouvrir, et qu’il le rompit en effet. Mais tous ces résultats ne furent d’aucun avantage pour la ville, parce qu’on faisait ces entreprises à l’aventure, et qu’elles n’étaient pas soutenues par des forces suflisantes. Un nouveau brûlot, dans le genre du premier, qui avait si bien réussi , fut préparé par Gianibelli, et rempli de quatre mille livres de poudre; mais on n’en fit aucun usage, parce que les Anversois s’avisèrent alors de clierclier leur salut par un autre moyen'.

Découragé par tant d'essais vainement tentés pour rétablir jwr la force la libre navigation de l’Escaut, on songea enfin à se passer complètement du fleuve. On se rappela l’exemple de la ville de Leyde, qui, assiégée par les Espagnols, dix aniu'-es auparavant, avait trouvé son salut dans une inondation des cauqiagnes produite à propos, et cet exemple, on résolut de le suivre. Entre Lillo et Stabroek , dans le pays de Bergen , s’étend jusqu’à Anvers une vaste plaine, légèrement inclinée, qui n’est protégée que par des digues et des contre-digues nombreuses contre les irruptions de l’Escaut oriental. Il suffisait de ra.ser ces digues et toute cette plaine devenait une mer, et l’on pouvait arriver avec des bateaux plats presque sous les murs d'Anvers. Si cette tentative réussissait, le duc de Parme pourrait garder, si cela lui plaisait, l’Escaut avec son pont de bateaux : on se serait assuré tout d’un coup un nouveau fleuve , qui pouvait rendre au besoin les mêmes services. C’était précisément ce . que le prince d’Orange avait conseillé dès le commencement du siège , et ce que Sainte-Aldegonde avait cherché sérieusement à faire exécuter, mais sans succès, parce que quelques bourgeois n’avaient pu être déterminés à sacrifier leurs terres. Dans la détresse présente, on revint à ce dernier moyen de salut; mais, dans l'intervalle, les circonstances avaient bien changé.

Cette plaine est en effet traversée par une haute et large digue, qui emprunte à un château voisin le nom de Cowenstein, et

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