I. Ueleren
384 HISTOIRE DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. s'étend du village de .Stabrock (dans le pays de Itergen), sur une longueur de trois milles , jusqu’à l’Escaut , pour se joindre à la grande digue de ce fleuve , non loin d'Ordam. Aucun bâtiment ne jiouvait passer par-dessus cette levée, si haut que la marée montât, et l’on eiit vainement amené la mer dans ces campagnes, aussi longtemps qu’une telle digue aurait fermé le passage et empéebé les bâtiments zélandais de descendre dans la jtlaine devant Anvers. Le sort de la ville tenait donc à ce que la digue de Cowenstein fût rasée ou percée; mais précisément parce que le duc de Parme le prévoyait, il en avait pris possession dès l’ouverture du blocus, et n'avait épargné aucun soin pour s’y maintenir jusqu’à la dernière extrémité. Le comte de .Mansfeld était campé près du village de Stabroek, avec la plus grande partie de l’armée, et, par cette même levée de Cowenstein, il entretenait les communications ave« le pont, le quartier général et les magtisins espagnols à Calloo. Ainsi l'armée formait, de Stabroek en Brabant jusqu'à Beveren en Flandre, une ligne continue, coupée, il est vrai, mais non interrompue, par l'Escaut, et qui ne pouvait être forcée sans une bataille sanglante. Sur la digue même étaient dressées, à une distance convenable les unes des autres, cinq différentes batteries , et les plus braves officiers de l’armée en avaient le commandement, ilême le duc de Parme, ne pouvant douter que toute la fureur de la guerre ne se tournât désormais de ce côté, remit au comte de Mansfeld la garde du pont, et résolut de défendre en personne ce poste important. On vit donc alors une guerre toute nouvelle et sur un théâtre tout différent*.
Les Néerlandais avaient percé, en plusieurs endroits , au-dessus et au-dessous de Lillo , la digue qui longe l’Escaut sur la rive ’ brabançonne; et là où se montraient, peu auparavant, de vertes prairies , parut alors un nouvel élément : on voyait flotter des barques sans nombre et des mâts se dresser dans l’air. Une flotte zélandaise, conduite par le comte de llohenlohe, naviguait dans les campagnes inondées, et faisait des mouvemenis répétés pour menacer la digue de Cowenstein , mais sans l’attaquer sérieusement ; tandis qu’une autre flotte se montrait dans