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I.es Hollandais et les Ztdandais, joints aux habitants d’Anvers, rassemblèrent plus de deux cents vaisseaux, pour l’arniement desquels ils dégarnirent de troupes leurs villes et leurs citadelles, et avec ces forces ils voulaient assaillir, de deux cAtés opposés, la digue de Cowenstein. En même temps, le pont de l'Escaut devait être attaqué avec de nouvelles madiines de l’invention de Gianibclli , et par là le prince de l’arme être mis hors d'état de secourir la digue *.
Alexandre, informé du danger qui le menaçait, n’épargna rien de son côté pour une énergique résistance. Aussitêt qu'il se fut emparé de la digue, il y avait fait construire des redoutes sur cinq points dilTérents, et en avait remis le commandement aux ofliciers les plus expérimentés de l’armée. La première, qu’on appelait la redoute de la Croix, était élevée à l’endroit où la digue de Cowenstein aboutit à la grande digue de l'Escaut , et forme avec elle la ligure d’une croix. Elle reçut pour commandant l’Espagnol Mondragon. A mille pas de distance, et dans le voisinage du château de Cowenstein , fut construite la redoute de Saint-Jacques, placée sous les ordres de Camille de Monte. A la suite, et à la même distance, était la redoute de Saint-Georges , et , à mille pas de cette dernière , celle des Pilotis , sous le commandement de Gamboa. Elle tirait son nom des pilotis sur lesquels elle reposait. A l’extrémité de la digue, non loin de Stabroek, était une cinquième redoute, où commandait le comte de .Mansfeld, avec l’Italien Capizucchi. Le duc renforça tous ces postes de troupes fraîches et d'artillerie, et fit encore planter des pieux de chaque cAté de la digue, dans toute sa longueur, soit pour fortifier le rempart, soit pour rendre plus difficile le travail des pionniers qui voudraient le percer*.
Le 16 mai, de grand matin, l’armée ennemie se mit en mouvement. Uès la pointe du jour, quatre barques enflammées s'avancèrent de Lillo, à travers le pays inondé, et la garde espagnole, qui était sur la digue , en fut tellement effrayée , )>arce qu’elle se l appelait les terribles brûlots, (ju’elle se relira précipitamment dans les redoutes voisines. C'était justement ce que les ennemis avaient voulu. Dans ces barques , qui paraissaient