‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 198 sur 228 · I. Slnul., .184. — Meteron, 498. — 2. Slrait · texte numérisé non relu

I. Slnul., .184. — Meteron, 498. — 2. Slrait

SUPPLKMKNT.

des brûlots, mais qui n'en étaient pas, se tenaient cachés des soldats , qui alors sautèrent brusquement à terre , et escaladèrent heureusement la digue, à la place qui n'était pas défendue, entre les redoutes de Saint-Georges et des Pilotis. Aussitôt après se montra toute la (lotte zélandaise, composée de nombreux vaisseaux de guerre, de navires chargés de vivres, et d’une foule de bâtiments plus petits, qui étaient remplis de grands sacs de terre, de laine, de fascines, de gabions et autres objets semblables, afin de pouvoir construire sur-le-champ des parapets où il serait nécessaire. Les vaisseaux de guerre étaient pourvus d'une puissante artillerie et de troupes nombreuses et vaillantes, et toute une armée de pionniers les accompagnait, pour percer la digue aussitôt qu’on s’en serait emparé *.

A peine les Zélandâis eurent-ils commencé, d’un côté, à escalader la digue, que la flotte d’Anvers s’avança d'Oslerweel et l’assaillit de l’autre côté. On se hâta d’élever entre les deux redoutes ennemies les plus proclies un haut parapet, qui devait couper tes ennemis et couvrir les pionniers. Ceux-ci, au nombre de plusieurs centaines, attaquèrent alors la digue des deux côtés avec leurs bêches, et l’entamèrent avec une telle activité, qu’on avait l'espérance de voir bientôt les deux mers Jointes ensemble. Mais, dans l’intervalle, les Espagnols avaient eu aussi le temps d’accourir des doux redoutes les plus voisines, et de faire une vigoureuse attaque, pendant que l’artillerie de la redoute Saint- Georges tirait sans interruption sur la flotte ennemie. Alors un combat terrible s’engagea dans l’endroit où l’on perçait la digue et où l’on élevait le parapet. Les Zélandais avaient établi un épais cordon de troupes autour des pionniers, afin que l’ennemi ne pût troubler leur travail ; et c’est au milieu du bruit de la bataille, sous une pluie de balles, souvent dans l’eau jusqu’à la poitrine, entre les mourants et les morts, que ces braves gens poursuivaient leur travail, continuellement pressés parles marchands armateurs, qui attendaient avec impatience de voir la digue ouverte et leurs navires en sûreté. L’importance du succès, qui, en quelque façon , dépendait entièrement de leurs bêches, semblait animer d’un courage héroïque ces simples

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