‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 199 sur 228 · Strati., 58Î, sq. — Mctcrco, 49H. — Thuan., III · texte numérisé non relu

Strati., 58Î, sq. — Mctcrco, 49H. — Thuan., III

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388 HISTOIRE DK LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. journaliers. Uniquement occupés du travail de leurs mains, ils ne voyaient pas, ils n’entendaient pas la mort qui les environjiait, et, si les premiers rangs tombaient, les suivants les remplaçaient aussitôt. Leur besogne était fort ralentie par les pieux plantés en terre, et plus encore par les attaques des Espagnols, qui, avec un courage désespéré, s’élançaient à travers les masses ennemies, égorgeaient les pionniers dans leurs excavations, et comblaient avec les corps morts les brèches que les vivants avaient creusées. Mais enfin , la plupart de leurs officiers étant blessés ou tués , le nombre des ennemis augmentant sans cesse, et de nouveaux pionniers prenant toujours la place des morts, ces troupes vaillantes perdirent courage, et elles jugèrent prudent de se retirer dans leurs redoutes. Ia;s Zélandais et les Anversois se virent donc alors maîtres de toute la partie de la digue qui s'étendait depuis le fort Saint-Georges jusqu’à la redoute des Pilotis. Mais, comme il leur paraissait beaucoup trop long d’attendre l’ouverture complète de la digue, ils déchargèrent à la liate un vaisseau zélandais et en transportèrent le chargement, par-dessus la digue, dans un vaisseau d’Anvers, que le comte de Hohenlohe conduisit en triomphe dans cette cité. Ce spectacle remplit tout à coup des plus joyeuses espérances la ville alarmée, et, comme si l’on eût déjà remporté la victoire , on s’abandonna à une tumultueuse allégresse. On sonna toutes les cloches, on tira tous les canons, et les habitants, hors d’eux-mômes, coururent avec impal ience à la porte d’Osterweel, pour recevoir les vaisseaux chargés de vivres, qui devaient être en chemin '.

En effet, la fortune n’avait pas encore été aussi favorable aux assiégés que dans ce moment. Les ennemis, découragés et épuisés , s’étaient rejetés dans leurs redoutes , et , bien éloignés de pouvoir disputer aux vainqueurs le poste conquis, ils se voyaient plutôt assiégés dans leurs retraites. Quelques compagnies écossaises, sous la conduite de leur vaillant colonel Balfour, attaquèrent la redoute de Saint-Georges, que Camille de Monte, accouru de celle de Saint-Jacques, dégagea, non sans perdre beaucoup de monde. La redoute des Pilotis, violemment canonnée par les

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