LIVRE PREMIER
qu'on doit légalement attendre d’un bon et juste prince et seigneur. Ainsi Dieu et tous les saints me soient en aide' ! •
La crainte que le gouvernement absolu de l’empereur avait inspirée, et la défiance des états envers son fils, .sont déji visibles dans cette formule de serment , qui était rédigée avec beaucoup plus de soin et de précision que les serments prêtés par Charles -Quint lui-même et par tous les ducs de Bourgogne. Philippe dut s’engager, de plus, au maintien de leurs usages et coutumes, ce qui n’avait jamais été demandé avant lui. Dans le serment que les états lui prêtèrent’, on ne lui promet d’autre obéissance que celle qui est compatible avec les privilèges du pays. Ses officiers ne peuvent compter sur la soumission et l’assistance qu’autant qu’ils rempliront conformément à leurs obligations la diarge qui leur est confiée. Enfin, dans ce serment d'hommage des états, Philippe est nommé seulement le prince naturel, le prince-né des Pays-Bas, et non le souverain ou le seigneur, comme l’empereur l’avait souhaité; preuves suffisantes de l’attente médiocre qu’on avait de la justice et de la générosité du nouveau monarque.
1. Ifist. gcn. des Pror.-r/n., 2' partie, '>15 (t. IV, p. fi’2R de Tédit. Trann.).
2. Iltst. gén. des Pror.-tTn., 2* partie, 516 (l. IV, p. 627 «o Tèd. franç.).