‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 201 sur 228 · Uelerea · texte numérisé non relu

Uelerea

350 IlISTOlUK DK KA RÉVOLTE DES DAYS-UAS. la digue jusqu’à l’autre, releva le courage abattu do ses troupes, et ralluma avec une nouvelle ardeur le combat, que le lieu de l’action rendait encore plus meurtrier. Sur le dos étroit de la digue, qui, en quelques .endroits, n’avait pas plus de neuf pas de largeur, combattaient environ cinq mille hommes. C’était sur un terrain si resserré que se pressaient les forces des deux partis et que reposait tout le succès du siège. Il s’agissait pour les Anversois du dernier rempart de leur ville, pour les Espagnols de toute la fortune de leur entreprise; on combattait des deux côtés avec un courage que le seul désespoir pouvait inspirer. Des deux extrémités de la digue , le flot de la guerre roulait vers le milieu, où les Zélandais et les Anversois avaient le dessus, et où se trouvaient rassemblées toutes leurs forces. De Stabroek accouraient les Italiens et les Espagnols, qu'enllammait dans ce jour une noble rivalité de vaillance; de l’Escaut s’avançaient les Wallons et d’autres Espagnols, le général à leur tête. Tandis que les premiers cherchaient à délivrer la redoute des Pilotis, que l’ennemi pressait vivement par terre et par eau, les autres se jetèrent avec une fureur irrésistible sur le* parapet que l’ennemi avait élevé entre Saint-Georges et les Pilotis. Là combattait l’élite de l’armée néerlandaise, derrière un rempart bien fortilié, et l’artillerie des deux Hottes couvrait ee poste important. Déjà le duc se disposait à assaillir ce redoutable parapet avec sa petite troupe, quand la nouvelle lui fut apportée que les Italiens et les Espagnols , sous Capizucchi et Aquila, avaient pénétré d’assaut dans la redoute des Pilotis, s’en étaient rendus maîtres, et marchaient , en ce moment, contre le parapet des ennemis. Ainsi , toutes les forces des deux armées se réunirent alors devant ce dernier ouvrage, et des deux parts on fit les derniers efforts pour l'emporter et pour le défendre. Les Néerlandais s’élancèrent de leurs vaisseaux à terre, (wur ne pas demeurer spectateurs oisifs de ce combat. Alexandre attaquait la redoute d’un côté, le comte de Mansfeld de l’autre : ils attaquèrent cinq fois, et cinq fois ils furent repoussés. Dans ce moment décisif, les Néerlandais se surpassèrent eux-mômes; jamais , dans tout le cours de la guerre, ils n’avaient combattu avec cette constance. Mais c’étaient surtout les Écossais et les Anglais qui, par leur courageuse résistance, faisaient échouer

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1rs elTorls de reiiiicmi. Comnifi personne ne voulait plus allaquer là où combattaient les Écossais, le duc lui-mème, une pique cà la main , ayant de l'eau jusqu’à la poitrine, s' l'iança pour montrer le chemin à ses soldats. ÉnOn, après un long combat, les troupes de .Mansfeld réussirent à faire, avec le secours de leurs hallebardes et de leurs piques, une brèche dans le parajiet, et, en montant sur les épaules les uns des autres, ils parvinrent à escalader le retranchement. Barthélemi Toralva, capitaine espagnol, fut le premier qui parut au-dessus; presque en même temps que lui, l’Italien Capizucchi se montra sur le bord du parapet; et ainsi fut décidée, d’une manière également glorieuse pour les deux nations, la lutte de la valeur. Il est intére.ssant de remarquer comment le duc de Parme, qu’on avait pris pour arbitre de cette lutte, savait ménager le délicat point d'honneur de .scs guerriers. Il embrassa l’Italien Capizucchi, en présence des troupes, et avoua hautement que c’était surtout à la bravoure do cet officier qu’il devait la prise du parapet. II fit transporter dans son propre logement, à Stabroek, le capitaine espagnol Toralva, qui était grièvement blessé; il le fil panser sur son propre lit et revêtir du môme habit qu’il avait ]>orté lui-même la veille de la bataille*.

Après la prise du parapet, la victoire ne resta plus longtemps douteuse, lies troupes hollandaises et zélandaises, qui s’étaient élancées de leurs vaisseaux, pour combattre de près avec l’ennemi, perdirent soudainement courage, lorsqu’elles jetèrent les yeux autour d’elles, et qu’elles virent les vaisseaux, qui étaient leur dernier refuge, s’éloigner du rivage.

Caria marée commençait à descendre, et les commandants de la flotte, craignant de rester sur le rivage avec leurs pesants navires, et de devenir la proie des ennemis si l’issue du combat était malheureuse, s’éloignaient de la digue et cherchaient à gagner le large. A peine Alexandre eut-il remarqué cette manœuvre, qu’il montra à ses troupes les vaisseaux fugitifs, et les exhorta à en finir avec un ennemi qui s’avouait vaincu. Les auxiliaires hollandais furent les premiers qui plièrent, et leur exemple fut bientôt suivi par les Zélandais. Ils s’élancèrent, à la

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