‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 215 sur 228 · LES CROISADES ET LE MOTEN AGE · texte numérisé non relu

LES CROISADES ET LE MOTEN AGE

Le nouveau système de constitution sociale, qui, né dans le nord de l’Europe et de l’Asie, était venu s’établir, avec la nouvelle famille de peuples, sur les ruines de l’empire d’Occident, avait eu déjà sept siècles environ pour s’essayer sur ce théâtre nouveau et plus spacieux, et dans des relations nouvelles aussi;

1. Ce morceau formait une partie de rintroductioa placée en tète du premier Tolume de la première partie des if(ffnoire< hiitoriques ^ publiés par Tauieur. (A'ofe de iVdifinn allemande.)

Le premier volume de la première partie des Mémoires historiifues ^ taqiicllo était relative au moyen âge, à partir du douzième siècle de notre ère, a paru à léna, en 1790. La dissertation sur les Jfi^otioni de peuples^ etc., et la suU vante (voy. p. 519) sur VÉlat de VEurope, etc., n’en faisaient qu’une seule, sous le titre commun de « Coup d'œil jeté, du point de vue de rHistoirc univer> selle, sur les principales nations qui prirent part aux croisades, sur leur constU tution, leurs idées religieuses, leurs mœurs, leurs occupations, leurs opinions et leurs usages. *

Tout le morceau commençait ainsi : « 11 y a, si l’on prend pour signe distinctif le caractère dominant et l’état de la religion, il y a trois classes de nations qui se signalent d'une manière remarquable à cette époque et se trouvent ,mélées plus ou moins directement à Tbistoire des croisades : les Chrétiens d’Occidenty unis, sous le pape de Rome, par le lien de la religion; les Sarrasins ou Ifo/iomrranx, qui avaient propagé leur superstition sictoricuso, depuis le détroit de Gibraltar jusqu’à rindus, et depuis la mer Noire et le Taurus jusqu’à l’océan Indien; entre deux, les Grecs et les Romains d'Orient. Sur les autres peuples de la terre les informations ou nous manquent absolument, ou sont trop peu sdres et trop défectueuses pour en pouvoir former un fil propre à guider I bistorien. Pour eux, d’ailleurs, le temps n’était pas venu de prendre une part

UPUSCULKS IIISTOnilJUKS,

pour se développer sous toutes scs formes et dans toutes ses variétés, et parcourir ses phases et ses transformations diverses. Les descendants des Vandales, des Suéves, dos Alains.des Gotlis, des Hérulos, des Lombards, des Francs, des Burgondes, etc., s'étaient enfin acclimatés sur le sol que leurs ancêtres avaient envahi le glaive à la main, quand l’esprit de migration et de conquête qui les avait conduits dans leur nouvelle patrie se réveilla en eux, vers la fin du onzième siècle, sous une autre forme et par d'autres causes. L'Europe rendit alors aux contrées du sud-ouest de l’.\sie les flots do peuples qu’elle avait reçus et les dévastations qu’elle avait eu à souffrir, sept siècles auparavant , du nord de cette partie du monde. Mais la fortune fut tout autre; car autant il avait coûté de torrents de sang aux barbares pour fonder en Europe des empires durables, autant alors il en coûta à leurs descendants , devenus chrétiens , pour conquérir en Syrie quelques villes et quelques châteaux, qu’ils devaient, deux siècles plus tard, perdrê à jamais.

La folie et le délire qui enfantèrent le projet des croisades, et les violences qui en accompagnèrent l’exécution, ne peuvent guère inviter à s’arrêter sur cette entreprise des yeux qui ne vont pas au delà du moment même où le fait s’accomplit. Mais, si nous envisageons ces événements d.ins leurs rapports avec les siècles qui les ont précédés et avec ceux qui suivirent, alors ils nous parais.sent trop naturels dans leur origine pour exciter notre étonnement, et trop bienfaisants dans leurs conséquences

acUve aux événemenis liu monde et de mériter r«ittention de qui raconte l’histoire universelle.

* Nous commençons par les premiers (les chrétiens d’Occident), qui nous touchent do plus près, qui sont pour nous les plus importants de beaucoup, et qui jouent le principal rôle dans Thistoire des croisades. »

Kntre ce qui est aujourd’hui la Hn de la première dissertation et ce qui forme Je commencement de la seconde, se trouvait, quand les deux n'en faisaient qu'une (en doux sections toutefois, séparées par un trait), la transition suivante : a Pour pouvoir reconnaître exactement de quelles sources sortit cetto entreprise et en quoi son issue fut si bienfaisante, il est besoin de parcourir d’un rapide coup d’œil l’état du monde européen d’alors, et de savoir à quel degré était parvenu l’esprit liumain, lorsqu’il se permit cet étrange écart. »

C’est parce que le morceau était resté inachevé (l’auteur ne traite ni des Mahométans ni des Grecs), que l’on fut obligé, en rinséranl dans les OEurra enmpîèlet, de changer le titre primitif, et qu’on divisa le mémoire en deux parties, dont la pretuiçrc a une sorte d’unité, et dont la seconde prit le nom de fragment.

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