‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 3 sur 228 · JUSQU’AU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

JUSQU’AU SEIZIÈME SIÈCLE

Avant de pénétrer au cœur de cette grande révolution, il.nous faut faire quelques pas en arrière dans l’histoire ancienne du pays, et voir naître l’état politique dans lequel nous le trouvons à l’époque de ce mémorable changement.

La première entrée de ce peuple dans l’histoire du monde est le moment de sa ruine. C’est de ses vainqueurs qu’il reçut une existence politique. La vaste contrée qui est bornée à l’est par l’Allemagne, au .sud par la France, au nord et à l’ouest par la mer du Nord, et que nous comprenons sous le nom général de Pays-Bas (Néerlande), était, à l’époque de l’invasion romaine dans les Gaules, partagée entre trois peuples principaux, tous primitivement d’origine germaine, de mœurs germaines et de caractère germain'. Le Rhin leur servait’ de limite. Sur la rive gauche du fleuve habitaient les Belges’; sur la rive droite, les

I. J. Cæsar, De beîlo gaU.^ üt. 1. — Tacit. , De morib. Germ. et liist., liv. IV. (Comme nous l’avons dit plus haut, les renvois aux auteurs sont de Schiller Nous les reproduisons tels qu’ils sont dans l original, et ce n’csl pas à nous qu’l faut imputer le défaut d'uniformité qu’on peut remarquer dans ces indications.)

Dans la première édition « leur sert, v

3. Dans la contrée dont la plus grande partie forme aujourd'hui les Pavs-Das catholiques et les pays de la généralité. (.Vote de l'auteur. — Il ne faut pas oublier que la première édition de cette histoire est de I78ft. — Dans le Mercure cette note est plus longue. L'addition que voici y rendait inutiles les deux notes dUiinctcs, consacrées» dès ré<iition de 1788, aux Frisons et aux Bataves : « Les Balaves et un petit peuple qui leur était uni, les Gniininéfales. habitaient une partie de la Hollande, une ]>artio du pays de Clèves d’à présent, la Gucidre, Utrechl et Ovcry&icl. Les Frisons occupaient tout le reste.»)

26 HlSTülHE 1>E LA HEVULÏE DES PAYS-BAS.

Frisons'; et, dans File que ses deux bras formaient alors avec. l’Océan, les üataves’. Ces trois peuples particuliers furent assujettis, l'un plus tôt, l'autre plus tard, par les Romains; mais leurs vainqueurs eux-mômes rendent à leur vaillance le plus glorieux témoignage, « I>es Belges, écrit César*, furent les seuls de tous les peuples gaulois qui repoussèrent de leurs frontières l’invasion des Cimbres et dos Teutons. ^ — c Tous les peuples des bords du Rhin, nous dit Tacite', cédaient en héroïsme guerri'er aux Rataves. Ce peuple sauvage payait son tribut en soldats, et ses vainqueurs le réservaient, comme les flèches et tes épées, pour les seules batailles. » Les Romains eux-mèmes déclaraient que la cavalerie batave était la meilleure partie de leurs armées. Ixmgtemps elle forma, comme les Suisses de nos jours, la garde des empereurs romains. I.eur courage farouche, lorsqu'ils franchire'nt tout armés le Danube à ta nage, effraya les Daces. Ces mêmes Rataves avaient accompagné Agricola dans son exjiédition en Bretagne, et l’avaient aidé à conquérir cette île®. De tous ces peuples, les Frisons furent les derniers .soumis, et les premiers ils reconquirent leur liberté. Les marais au milieu desquels ils habitaient ne tentèrent que plus lard les conquérants, et leur coûtèrent davantage. Le Romain Driisus, qui faisait la guerre dans ces contrées, ouvrit un canal du Rhin au Flévo (aujourd’hui le Zuyderzéc), par lequel la flotte romaine pénétra dans la mer du Nord, et de là, par les embouchures de l'Ems et du Wéser, trouva un accès plus facile dans l’intérieur de la Cermanie*.

Pendant quatre siècles, nous trouvons des Bataves dans les armées romaines; mais, après le temps d’Ilonorius, leur nom

1. Dans ce qui est .lujounl'hui la previnco de Groninguo, la Frise oriculale et occidciuale, une partie de la Hollande, do la Gueldro, d’Utrecht et d'Overyssel. (.Vole de l'aulfiir.)

2. Dans la partie supérieure de la Hollande, des provinces d'tilreclil et d’Overjs.sel, dans le pays do Uèves di présent, etc., entre te Leck et le Watial. On peut y joindre des |ieuplades moins considérables : les Canninérales, les Maniaques, les Maréates, etc.— lacit. , //«!., liv. IV, chap. là, ôG; De inort'b. Crrni., chap. 29. (.Vole de l'auteur.)

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