‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 32 sur 228 · A U CONSTITUTION DES PAYS-UAS · texte numérisé non relu

A U CONSTITUTION DES PAYS-UAS

Il n’est pas surprenant qu’un si monstrueux tribunal , qui avait paru insupportable môme au caractère plus patient des Espagnols, ait révolté un État libre. Mais la frayeur qu’il inspirait était augmentée par l’armée espagnole , qui fut conservée même après le rétablissement de la paix, et qui, au mépris de la constitution, remplissait les villes frontières. On avait pardonné à Charles-Qnint cette introduction d’armées étrangères, parce qu’on voyait qu’elles étaient nécessaires , et qu’on se fiait davantage à ses bonnes intentions. Maintenant on ne voyait plus dans ces troupes que le redoutable appareil de l’oppression et les instruments d’une hiérarchie détestée. Une nombreuse cavalerie, formée de nationaux, était suffisante pour la défense du pays, et rendait ces étrangers superflus. La licence et la rapa- <■

cité de ces Espagnols, qui avaient à réclamer un fort arriéré de solde, et se payaient aux dépens du bourgeois, achevèrent d’exaspérer la nation, et réduisirent le commun peuple au dé.sespoir. Lorsqu’ensuite les murmures universels décidèrent le gouvernement à les retirer des frontières et à les transporter dans les îles de la Zélande, où l’on équipait les vaisseaux destinés à les emmener, leur insolence alla si loin , que les habitants cessèrent de travailler aux digues, et préféraient abandonner leur patrie à la mer, plutôt que de souffrir davantage la brutale pétulance de Ces Iwndes furieuses

1. g/n. det Provinca-VnicSj t. III, liv. XXI, p. 23, etc. (l. V, p. 51 tle réd. franç.).

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