LIVRE DEUXIÈME
d’agir secrètement contre lui dans l’assemblée. Toute l’afTaire ‘ fut traitée à Rome avec le plus grand mystère. François Sonnoi, prêtre de la ville de Louvain , créature de Granvelle , qui lui avait donné ses instructions, parait devant Paul IV et lui représente combien ces provinces sont étendues, prospères, populeuses et florissantes dans leur félicité. « Mais, poursuit-il, dans la jouissance immodérée de la liberté, la vraie foi est négligée, et tes hérétiques s’élèvent. Pour arrêter ce mal, le saintsiège doit prendre une mesure e.\traordinaire. > On n’a pas de peine à déterminer l'évéciue de Rome à une innovation qui étend le cercle de sa propre juridiction. Paul IV institue une commission de sept cardinaux qui doivent délibérer sur cet objet important. Interrompue par sa mort, l’alïaire est terminée par son successeur Pie IV *. Le message souhaité arrive encore au roi en Zélande, avant qu’il mette à la voile pour l'E.spagne, et le ministre est chargé en secret de la périlleuse exécution. La nouvelle hiérarchie est publiée (1560); treize évêchés nouveaux sont ajoutés aux quatre anciens , pour égaler le nombre des dix-sept provinces , et quatre de ces sièges sont érigés en archevêchés. Six de ces évêchés, savoir, ceux d'.\nvers, de Bois-le-Duc, de Gand, de Bruges, d’Ypres et de Ruremonde, sont soumis à l’archevêché de Malines; cinq autres, Harlem, Middelbourg, Leuwarden, Deventer et Groningue, à l’archevêché d’L'trecht; et les quatre derniers, Arras, Tournai, Saint- Omer et Namur, plus voisins de la France et liés avec ce pays par la langue, le caractère et les mœurs, sont subordonnés à l’arclievêdié de Cambrai. Malines, situé au milieu du Brabant et des dix-sept provinces, est le siège du primat de tous les autres évêques, et devient, avec plusieurs riches abbayes, la récompense de Granvelle. Les revenus des nouveaux évêchés sont pris dans les trésors qu’une pieuse bienfaisànce a accumulés, depuis des siècles, dans les couvents et les abbayes. Quelques-uns des abbés obtiennent eux-mêmes la dignité épis-
1. Dans la première édilioQf la phrase commence ainsi : • Trop peu accou< tumé à prendre le droit chemin de la vérité ou do la justice, lorsqu’il restait encore quelque faux-fuyant ouvert au mensonge, il eut recours là aussi à la tromperie',. et toute l’afTaire, etc. *