‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 49 sur 228 · Burgund., 46. — Metoren, 57. — ri/a V/g/., t · texte numérisé non relu

Burgund., 46. — Metoren, 57. — ri/a V/g/., t

copale, et, avec la possession de leurs couvents et de leurs prélatures, ils conservent, comme un droit qui en déjiend, leur voix dans les états généraux. A chaque évêché sont aussi attachées neuf prébendes, que l’on confère aux plus habiles jurisconsultes et théologiens, pour soutenir l’inquisition et l’évèque dans leur oflice ecclésiastique. Deux d'entre eux , qui se sont rendus le plus dignes de cette préférence par leur savoir, leur expérience et leur conduite irréprochable, sont inquisiteurs titulaires, et ils opinent les premiers dans les assemblées. L’archevêque de Malines , comme métropolitain des dix-sept provinces, a plein pouvoir d’instituer et de destituer, à son gré, les archevêques et les évêques, et le siège de Rome donne seulement la ratification '.

En tout autre temps, la nation aurait reçu avec une approbation reconnaissante cette réforme ecclésiastique; car elle était suffisamment justifiée par la nécessité, favorable à la religion, et tout à fait indispensable pour la réforme des mœurs monacales. Mais les conjonctures lui donnaient alors l’apparence la plus odieuse. Elle fut accueillie par le mécontentement général. * La constitution est foulée aux pieds , s’écrie-t-on; les droits de la nation sont violés *; l’inquisition est aux portes, et elle ouvrira désormais ici, comme en Espagne, son sanglant tribunal. » Le peuple observe avec horreur ces nouveaux serviteurs de l’arbitraire et de la persécution. La noblesse voit le pouvoir monarchique fortifié, dans l’assemblée des états, de quatorze voix puissantes ; elle voit détruit le plus ferme appui de la liberté nationale, l’équilibre de l’autorité royale et de l’autorité civile. Les anciens évêques se plaignent de la diminution de leurs droits et de la réduction de leurs diocèses; les abbés et les moines ont perdu à la fois du pouvoir et des revenus , et reçu en échange de sévères inspecteurs de leur conduite. La noblesse et le peuple, les laïques et les prêtres se réunissent contre ces ennemis communs, et, tandis que tous combattent pour un petit intébét

1. Burg., 49, 50. — Dinoth, De hello cirili beîg. , liv. 1,8. — Grot., 1$. — IV/. Vigl. , 34. — Sirad. , 23. — Keid., 6. — Hopper, Hfcueil des troubles des

/ï(w, m rit. Vigl.^ t. lï, 23, 28.

2. La première édition ajoute ; « Avec les privilèges qui appartiennent i des ordres particuliers. »

UVIîE DEUXIÈME.

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privé, il semble qu’on entend retentir comme une voix redoutable du patriotisme *.

De toutes les provinces, le Brabant est celle qui résiste le plus hautement. L’inviolabilité de sa constitution ecclésiastique est un des importants privilèges qu'il s’est réservés dans la remarquable charte de joyeuse entrée, statuts que le souverain ne peut enfreindre sans délier la nation de l’obéissance envers lui. L’Université de Louvain elle-même eut beau soutenir qu’un privilège accordé à une époque où l’Église était en paix perdait sa force dans les temps orageux. L’établissement des nouveaux évêchés ébranlait tout l’éditice de la liberté. Les prélatures, qui pas.saient maintenant aux évêques, devaient dès lors obéir à une autre règle qu’à l’intérêt de la province qu’elles représentaient aux états. Des citoyens libres et zélés pour la patrie, se trouvaient cliangés en instruments du siège de Rome, et en dociles machines de l’archevêque, qui devait en outre avoir sur eux une autorité spéciale comme premier prélat du Brabant*. La liberté des suffrages était anéantie , parce que les évêques , comme officieux espions de la couronne, se rendaient redoutables à chacun. « Qui osera désormais, disait-on , élever la voix dans les états en présence de tels surveillants, ou soutenir devant eux les droits du peuple contre les avides tentatives du gouvernement ? Ils épieront les ressources des provinces, et livreront à la couronne les secrets de notre liberté et de nos fortunes. Ils nous fermeront le chemin à tous les honneurs : bientôt nous verrons venir à leur suite les courtisans du monarque; les fils des étrangers rempliront à l’avenir les états, et l’intérêt de leurs protecteurs guidera leurs sutl'rages vendus. Quelle violence, poursuivaient les moines ! Dénaturer les saintes fondations de la piété! insulter à l’inviolable volonté des mourants ! et, ce qu’une pieuse charité déposa dans ces trésors pour les malheureux, le faire servir au luxe de ces évêques et décorer leur faste orgueilleux des dépouilles de la pauvreté! » Non-seulement les abbés et les moines, qui avaient le malheur de souflrir actuellement de cette diminution des revenus, mais toutes les familles qui.

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