Mcteren
2. La première édition a de pluR ici cc membre de phrase : m qui Joignaient à l'orgueil aristocratique une vanité que le trûnc satisfait. •
110 HISTOIRE DE I,A RÉVOLTE DES PAYS-BAS. doit pas s’étonner qu’ils témoignassent peu de zèle pour le seconder. Il est de la plus grande vraisemblance qu’ils travaillèrent plutôt secrètement à multiplier les embarras du ministre et à renverser ses mesures, pour montrer par son mauvais succès combien le roi avait mal placé sa confiance, et livrer au mépris l’administration de Granvelle. C’est manifestement à la tiédeur de leur zèle qu’il faut attribuer les rapides progrès que la réformation a faits dans les Pays-Bas pendant son ministère, malgré les terribles édits. Assuré de la noblesse, il aurait méprisé la fureur de la multitude, qui se brise impuissante contre les barrières d’un trône redouté. La douleur des bourgeois s’arrêta longtemps à des larmes et de muets soupirs, jusqu’au moment où les artifices et l’exemple des nobles la firent éclater*.
Cependant le grand nombre des nouveaux agents imprima une nouvelle activité aux enquêtes religieuses ( 1561 , 1562), et l’on obéit, avec une terrible docilité, aux édits contre les hérétiques. .Mais cet affreux remède arrivait après le temps où il aur.iit pu être employé : la nation avait déjà de trop nobles sentiments pour soulfrir un si indigne traitement. La nouvelle religion ne pouvait plus être abolie que par la mort de tous ceux qui la professaient. Tous ces supplices étaient maintenant autant de séduisantes proclamations de son excellence, autant de théâtres de son triomphe et de son éclatante vertu. L’héroïsme avec lequel ils mouraient prévenait en faveur de la doctrine pour laquelle ils mouraient. D’un martyr il naissait dix nouveaux confesseurs. Ce n’était pas seulement dans les villes et les villages, c’était sur les grands chemins, sur les vaisseaux , dans les voitures , qu’on disputait sur l’autorité du pape, sur les saints, le purgatoire, les indulgences; que l’on prêcliait et qu’on opérait des conversions. Le peuple s’élançait en masse des villes et des campagnes pour arracher les prisonniers du saint-office aux mains des sbires, et les magistrats, qui essayaient de maintenir leur autorité par la force, étaient accueillis par lui à coups de pierres. Il accompagnait en foule les prédicateurs protestants que l’inquisition poursuivait, les portait sur ses épaules à l’église et les en rapportait, puis les recélait.au péril de sa vie, pour