‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 57 sur 228 · LIVRE UEUXltME · texte numérisé non relu

LIVRE UEUXltME

ticulier ce qui n’était touclié que superliciellementdans la lettre commune. La gouvernante reçut aussi les instructions les plus ponctuelles sur ce qu'elle devait répondre à tous trois, et spécialement au comte d’Egmont . Le roi connaissait ses hommes. Il savait combien il était facile d’influer sur le comte d’Egmont, quand on avait affaire à lui seul : c’est pourquoi il s’efforcait de l’attirer à Madrid, où il serait soustrait à la direction d'un esprit supérieur*. En le distinguant de ses deux amis par ce témoignage flatteur de sa confiance, il rendait inégales les relations où ils se trouvaient tous trois avec le trône; et comment pourraient-ils se réunir encore, avec un zèle égal, pour tendre au même but, si leurs mobiles n’étaient plus les mêmes? Cette fois, à la vérité, la vigilance du prince d’ürange déjoua ce plan; mais la suite de cette histoire fera voir que les semences qui furent ici jetées ne furent pas tout à fait perdues’.

(1563.) La réponse du roi ne satisfit point les trois alliés. Ils eurent le courage de risquer une deuxième tentative. Ils n’ont pas été peu surpris, écrivent -ils, que Sa .Majesté ait jugé leurs avis si peu dignes d’attention. Ils lui ont adressé la première lettre, non comme accusateurs du ministre, mais comme des conseillers de Sa Majesté, dont le devoir était de faire connaître à leur souverain la situation de ses fitats. Ils ne désirent point le malheur du ministre; ils seraient charmés, au contraire, de le savoir heureux et content en tout autre lieu du monde que dans les Pays-Itas. Mais ils sont comfdétement persuadés que le repos général est absolument incompatible avec la présence de cet homme. La situation dangereuse où se trouve actuellement leur patrie ne permet i aucun d’eux de la quitter et d’entreprendre, à cause de Granvelle, un long voyage en Espagne. S’il ne plai.sait donc pas à Sa Majesté d'acquiescer à leur prière écrite, ils esj)éraient être dispensés à l’avenir de siéger au conseil d’Ivtat, où ils ne faisaient que s’exposer au déplaisir de rencontrer le ministre , où ils ne pouvaient servir en rien ni le roi ni l’Etat, et se trouvaient uniquement mépri-

1. « Il Mïail que d’un tel caractf ro on pouvait olitenir plus en lui laiss.inl voir qu'on attendait plus de lui ; voilà pourquoi il s'adressa à lui en particulier. > (/*rrmtriT édition.)

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