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124 HISTOIHE DE LA HÉVOLTE DES PAYS-BAS. sables à leurs propres yeux. En finissant , ils priaient Sa Majesté de vouloir bien excuser leur simplicité sans fard, parce que des gens de leur sorte attachaient plus de prix à bien agir qu’à parler éloquemment lx;s mêmes observations étaient contenues dans une lettre particulière du comte d'Egmont, où il remerciait le roi de sa lettre autographe. 11 fut répondu à cette deuxième missive qu’on prendrait leurs avis en considération ; cependant on les invitait à paraître au conseil d’État comme auparavant.
Le roi était évidemment bien éloigné d’accueillir leur requête; aussi ne se montrèrent-ils plus dès lors au conseil, et môme ils quittèrent Bruxelles. Us n’avaient pas réussi à éloigner le ministre légalement ; ils essayèrent d’y parvenir par un autre moyen, dont on pouvait attendre davantage. Dans chaque occasion, eux et leur parti lui témoignèrent publiquement le mépris dont ils se sentaient pénétrés, et ils surent donnera tout ce qu’il entreprenait le vernis du ridicule. Par ce traitement humiliant, ils espéraient torturer l’orgueil du prêtre et obtenir peut-être de son amour-propre offensé ce qui ne leur avait pas réussi par d’autres voies. Ils n’atteignirent pas ce but , il est vrai; cependant le moyen qu’ils avaient imaginé conduisit enfin le ministre à sa chute.
La voix du peuple s’était élevée plus hautement contre lui, aussitôt qu’on avait su qu’il avait perdu l’estime de la noblesse, et que des hommes dont la foule suivait aveuglément les inspirations donnaient àcelle-ci l’exemple de délester ce ministre. l.a conduite méprisante de la noblesse à sou égard le voua dès lors, en quelque sorte, au mépris général, et autorisa la calomnie, qui n’épargne pas même les choses saintes, à déchirer sa réputation. La nouvelle constitution ecclésiastique, le principal grief de la nation, avait fondé la fortune de Grandvelle ; c’était un crime qui ne pouvait être pardonné*. Chaque nouveau spectacle d’exécution, dont l’activité des inquisiteurs n’était que trop prodigue, entretenait affreusement l’horreur dont le ministre était l’objet,