LIVRE PREMIER
états se rassemblaient aussi souvent que l’exigeait le besoin de la province. Sans leur consentement aucune nouvelle loi n’était valable, aucune guerre ne pouvait être entreprise, aucun impôt levé, aucun changement apporté aux monnaies , et aucun étranger admis à une partie quelconque de l’administration. Ces privilèges étaient communs à toutes les provinces ; il y en avait d’autres, dilTérents selon les diverses localités. I^e gouvernement était héréditaire, mais le fils ne succédait aux droits du père qu’après avoir juré solennellement la constitution'.
Le premier législateur est la nécessité ; tous les besoins auxquels il est pourvu dans cette constitution ont été, dans le principe , des be.soins du commerce. Ainsi tout le système de la république est fondé sur le négoce, et ses lois sont plus récentes que son industrie. Le dernier article de cette constitution, qui exclut de tout ollice les étrangers, est une suite naturelle do tous les autres. Des rajiports si compliqués, ménagés avec tant d’art, entre le souverain et le peuple, et qui variaient encore dans chaque province, souvent dans une même ville, exigeaient des hommes qui joignissent au zèle le plus vif pour le maintien des libertés nationales la plus profonde connais.sance de ces libertés. Ni l’un ni l’autre ne se pouvait guère présumer chez un étranger. Au reste, cette loi était valable pour chaque province en particulier, en sorte qu’un Flamand ne pouvait remplir une charge dans le Brabant, un Hollandais en Zélande, et la loi se maintint même dans la suite, après que toutes ces provinces eurent été réunies sous un seul souverain.
Entre toutes les provinces, c’était le Brabant qui jouissait de la plus large liberté. Ses privilèges étaient jugés d’un si grand prix, que beaucoup de mères des provinces limitrophes s’y rendaient, vers le temps de leur délivrance, pour y faire leurs couches, afin que leurs enfants eussent part à toutes les prérogatives de cet heureux pays : « de même, dit Strada, qu’on anoblit dans un sol plus doux les plantes d’un climat rigoureux*. »
Après que la maison de Bourgogne eut réuni plusieurs provinces sous sa domination , les assemblées provinciales particu-