Vila Ki0lit
136 lIlSTOIlUi DE LA UÉVOLTE DES DAYS-UAS.
les membres du conseil, faire t^te à la faction prépondérante, et soutenir contre l’opposition générale lesintérêts delà couronne qui sont déjà en danger d'être sacrifiés. Quand le prince d'Orange cul rassemblé dans sa maison les chevaliers de la Toison d’or, pour prendre une résolution préalable sur l'abolition du saintoffîcc, Barlaimont fut le premier qui blâma celte démarche illégale, et le premier qui en informa la gouvernante. Quelque temps après, le prince lui demanda si la gouvernante avait connaissance de cette réunion, et Barlaimont n’hésita pas un moment à lui déclarer la vérité. Tous les actes qu’on rapporte de lui décèlent un homme que ni l’exemple ni le respect hiunain ne séduisent, qui demeure fidèle, avec un ferme courage et une invincible constance, au parti qu’il a une fois choisi; mais qui a d’ailleurs des sentiments trop tiers et trop despotiques pour en choisir un autre que celui du maître'.
Dans le parti royal, à Bruxelles, on nous cite encore le duc d’.ârschot, les comtes de Mansfeld, de Mcgen et d’Aremberg, tous trois néerlandais de naissance et par conséquent intéressés, à ce qu’il semblait, comme toute la noblesse du pays, à lutter contre le clergé et le pouvoir monarchique dans leur patrie.
La conduite opposée qu’ils tinrent doit nous étoimer d’autant plus, et ce qui la rend surtout étrange, c’est que nous les voyons liés d’amitié avec les principaux membres de la faction et rien moins qu’indifTérents aux charges communes du pays. Mais ils ne SC trouvèrent pas dans le cœur assez de confiance, assez d’héroïsme, pour hasarder une lutte inégale contre un adversaire si supérieur. Avec une lâche prudence ils firent plier leur juste mécontentement sous la loi de la nécessité, et ils préférèrent imposer à leur orgueil un dur sacrifice, parce que leur vanité amollie n’en pouvait pas offrir d’autre. Trop économes et trop avisés pour vouloir arracher à la seule justice ou à la crainte de leur souverain le bien certain qu’ils tenaient déjà de sa libre générosité, ou pour abandonner une fortune réelle afin de sauver l’ombre d’une autre, ils profitèrent plutôt du moment favorable pour faire payer plus cher leur fidélité, qui, par la défection générale de la noblesse, avait alors augmenté de prix. Peu ,
l.Smd , 8'2, 83. — Uurguml., ‘Jl, IC8. — t i/a Vigl., 40.