‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 68 sur 228 · LIVRE REUXIKME · texte numérisé non relu

LIVRE REUXIKME

franchise et les dispenses; s’il commençait sur lui-mème la réforme des mœurs; s’il respectait davantage les lois, et rétablissait les magistrats dans leur autorité précédente; si seulement les collèges et les gouverneurs faisaient d’abord leur devoir, ces plaintes cesseraient bientôt. Pourquoi donc un nouvel ambassadeur en Espagne, quand il n’est arrivé rien de nouveau qui justifie ce moyen extraordinaire? Cependant, si l’on persiste, il ne veut pas s'opposer à l’avis général ; seulement il stipule que le mandat le plus important de l’envoyé soit d’engager le roi à se rendre bientôt dans les Pays-lîas'. »

Sur le choix du député, il n’y avait qu’une voix. Parmi tous les grands des Pays-Bas, le comte d’Egmont semblait être le seul qui pût également satisfaire les deux iiartis. Sa haine déclarée de l’inquisition, ses opinions libérales et patriotiques, et l’irréprochable intégrité de son caractère, offraient i la républicjuc des gages assurés de sa conduite. Nous avons dit plus haut les raisons qui devaient rendre sa venue agréable au roi. Comme le premier coup d’œil est souvent décisif chez les princes, l’extérieur prévenant du comte d'Egmont pouvait seconder son éloquence, et prêter à sa requête un appui dont la plus juste cause ne peut jamais se passer au])rès des rois. Egmont luimême souhaitait cette ambassade, afin de régler avec le roi quelques intérêts de famille*.

Sur ces entrefaites, le concile de Trente avait clos ses séances, et scs décrets avaient été communiqués à toute la chrétienté catholique. .Mais, loin d’atteindre le but du synode, et de satisfaire l’attente des partis religieux, ces décrets avaient au contraire élargi l’abîme entre les deux Églises, et rendu le schisme irrémédiable et éternel *.

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