‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 70 sur 228 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

impuissante 1 intercession des saints. La vertu des indulgences, première cause de la rupture avec le saint-siège, était maintenant établie par une déclaration irréfragable, et le monachisme protégé par un décret formel du concile, qui permet aux hommes

de SaToie et quelques autres princes d’exprimer les mêmes vœux, et la continuation du cuncile do Trente fut la demande unanime de toutes les puissances catholiques.

« Pie IV, un Mêdicls, portait alors la tiare. 11 s’était lui-même, avant .son élé- Tation, engagé à rouvrir le concile; mais à peine fut-il monté sur le trône de Pierre, qu’il adopta les maximes de ses prédécesseurs. 11 se souvint des motifs qui avaient fait agir Paul III, lorsr|u'il réussit à dissoudre l’assemblée, sous prétexte de la transférer dans un lieu plus sain. Il réOéchit au danger auquel Jules III, par sa bonne fortune et les armes des protestants d'Allemagne, avait échappé à grand'peine. Maintenant U n*y avait plus en Europe de ('harles-Ouint pour mettre des homes à la présomption et à l'ambition des prélats, si l’idée leur venait d’élever leur propre puissance sur les ruines de la pafiauté. Mais la chaleur avec laquelle les princes catholiques poursuivaient cette affaire ne lui laissait pas de choix. En môme temps, la France le menaçait d’un synode national, qui le mettait en danger de perdre tout ce royaume, comme autrefois l’Angleterre. Pour prévenir ce péril, il dut se hâter do rouvrir le concile à Trente.

« question était do savoir s'il fallait l’annoncer comme une assemblée entiè* rcment nouvelle, ou seulement comme une continuation du concile interrompu, La décision de ce point était aussi sérieuse et délicate qu'elle paraissait, au premier aspect, insignifiante. Si c’était un nouveau concile, l’autorité du précédent était par là tacitement annulée, et il fallait expo.ser encore une fois aux daugers de l’examen toutes ces décisions surprises avec tant d’art. Si, au contraire, ce n’était que la continuation du premier, toutes les sentences prononcées contre les protestants conservaient force de loi, et ceux-ci pouvaient, par (fonséquent, se regarder comme condamnés d’avance. Or, dans le peu d’années pendant lesquelles le concile avait été interrompu, la situation des protestants avait pris une tournure si avantageuse que leurs dispositions n’étaient plus aussi entièrement indifférentes. Si l’on déclarait que c était un nouveau concile, on pourrait les décider peut être à le roconnattre et à y envoyer leurs plénipotentiaires. Cq dernier avis était soutenu, de la manière la plus énergique, par les cours impériale cl franç.aise. qui tenaient à ce qu’on mit en oubli les décisions des séances antérieures. Mais Pliilippe H, qui attachait beaucoup plus d’importance à hâter le concile qu’à y voir entrer les prolesiants, et qui de plus craignait que les résolutions de i’as.semblée n’éprouvassent pnrrià quelque adoucissement, insista pour qu’ils en fussent entièrement exclus, et qu’on déclarât expres.sément le nouveau concile une continuation du premier. La cour de Rome, pour ménager, sinon satisfaire entièrement, les deux partis, s'en tira par une subtilité. • Nous continuerons le concile, déclarèrent les légats, en le convoquant, et le convoquerons en le continuant. »

« Tc^s les princes de la chrétienté, même les princes protestants, furent invités à SC rendre à Trente, au concile. Deux nonces du pape, auxquels l'empereur adjoignit trois ambassadeurs pour appuyer leur deman<Ie, parurent devant les princes protestants de rAlicmagne, qui s’étaient réunis à cette fin à NaumlK)urg. Mais malheureusement on faillit tout d’abord dans la convocation même. File présupposait des points qui devaient d’abord être démontrés, et so faisait au nom de l’évôque de Rome, dont le droit à cet égard était la grande question

148 HISTOIRE DE EA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. de faire profession h seize ans et aux filles à douze. Tous les dogmes des protestants sont condamnés sans exception ; il n'est pas rendu une seule décision à leur avantage; il n’est pas fait une seule démarche pour les ramener par les voies de la douceur dans le sein de l’Église maternelle. La chronique scandaleuse du concile et 1 absurdité de ses décisions augmentèrent chez eux. s'il était possible, le profond mépris qu’ils nourrissaient depuis longtemps contre la papauté, et livrèrent à leurs attaques de nouveaux côtés faibles , encore inaperçus. Ce fut une malheureuse pensée de porter le lumineux flambeau de la

litigieuse. Les princes esprimtrent aux ambassadeurs do l’empereur leur reconnaissance pour l’intervention bienveillante de leur maître. Rien, direntils ne leur serait plus agréable qu'une assemblée générale de l’Eglise qui se prôno'crait sérieusement de remédier aux divisions religieuses existantes ; m.a s ils ne pouvaient se promettre ni un tel but ni un tel elTcl de celle de Trente, dans laquelle, comme on le voyait par la bulle môme, les partisans de la cour romaine auraient seuls quelque chose A dire. Les nonces furent introduits, mais les lettres papales, malgré leur suscription engageante, furent rendues MUS avoir été ouvertes. Comme on ne savait rien, fut-il répondu, du droit qu’eitt l’évôque de Rome d’exercer une juridiction hors de son diocèse, on ne se crevait pas obligé de lui dire ce qu’on pensait du concile. Les nonces députés en Danemark et en Angleterre furent traités avec encore moins d’égards. Sur la frontière néerlandaise, le cardinal Martiningo reçoit de la part de Ktédéiic l’ordre de rétrograder, et, à Lubeck, son compagnon est poliment engagé, au nom de la reine Elisabeth, à s’épargner la læinede traversera mer.

a Dès lHuverturc du concile, il fut facile rie reconnaître ce qu’on en pouvait attendre Avant mémo que la plus grande partie des députés et des prélats étrangers fussent arrivés, il fut décidé, à la demande des légats qui présidaient rassemblée, qu’ils auraient seuls le droit de proposer les questions litigieuses. Par là le siège de Rome croyait écarter toutes les attaques qui pourraient être dirigées contre lui-même, et l’objet principal du concile, la réforme de la hiérarchie, se trouva annulé tout d’alwnl, par les résolutions de .sa première séance ' Plus Philippe et les autres princes se donnèrent de peine pour ren- ■ J, sCT 'ce décret funeste, plus ils augmentèrent la déHance du pape, qui dè& lors ne douta plus qu’on n’en voulflt. au moyen du concile, à sa propre juridiction- et les légats reçurent l’ordre de maintenir cet article avec une inébranlable fermeté. Néanmoins quelques questions très-délicates furent soulevées particulièrement sur l'institution et la résidence des évêques, questions nui avaient déjà effrayé Paul III et mis en jeu tous les elTorts de sa politique; mais par une vigilance infatigable, par la corruption, les caresses et les menaces par de continuelles négociations secrètes avec les prélats, et surtout par l’activVcoopération des évêques italiens, qui étaient bien supérieurs en^nombre aux autres et, comme les plus pauvres entre tous, se trouvaient dans une plus grande dépendance du siège de Home, le pape sut obtenir sur tous les points la nluralitédes voix, de telle sorte que non-seulement il ne passa aucune résolution nul limitât son pouvoir, mais qu’en outre quelques usur|iations imporWnles, dom la répression était parmi les objets principaux du concile, furent confirmées parliii. fello partialité manifeste de l’a.ssembléc , qui était maintenue dans l.i

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