Hopper
résoudre à sacrifier les espérances de sa fortune , qui étaient alors en pleine fleur à la cour de la régente. L’éloignement du prince d’Orange, auquel la nécessité, aussi bien que son génie supérieur, avait donné sur la gouvernante toute l’influence que les grands esprits ne peuvent manquer d’obtenir sur les petites âmes, avait laissé dans la conliance.de .Marguerite une place vide, dont le comte d’Egmont s’empara complètement, en vertu de la sympathie qui s’établit très-facilement entre la faiblesse craintive et la faiblesse bienveillante. Comme la duchesse craignait également d’irriter le peuple par une confiance exclusive dans les partisans de la couronne, et de déplaire au roi par une liaison trop étroite avec les chefs déclarés de la faction, elle eût alors difficilement trouvé personne à qui elle pût mieux donner sa confiance qu’à ce comte d’Egmont même, dont on ne pouvait bien dire encore auquel des deux partis il appartenait
1. Dans la première édition, cette dernière phrase du livre continue ainsi : « (A Effmont) qui, d’un côté, avait assez *dc force pour soutenir son caractère chancelant, et de Tautre assez de condescendance pour supporter sa vanité sus> ccptible *. ■
* Le parti royal du conseil d’Êtat, non content de ce sacrifice, demandait encore que le comte d'ICgmont se déclarât iiautement et nettement pour rim|iii~ sition et pour les 6<lits. « H tous est aisé de parler ainsi, répondit le comte; mais considérez aussi combien, par ce que j'ai fait, mon honneur est déjà compn>> mis, à combien de jugements ambigus je me suis exposé, et combien de rcprcK:iies me sont journellement adressés À ce sujet par mes amis. » — Hoppor, üô.