Burgund., 156-159. — Strail
180 HISTOinF, DE I.A RÉVOLTE DES PAYS-BAS. prince d’Orange, des comtes d’Kginoiit, de Hoorn, de Megen, et d’autres encore, et cette feinte gagna à l’alliance plusieurs centaines d’adhérents. On voulait surtout attirer les officiers de l’armée, pour se couvrir de ce côté à tout événement, si l’on devait en venir à la violence. On réussit auprès d’un grand nombre , surtout auprès des ofticiers subalternes , et le comte de Bréderode tira même l’épée contre un enseigne, qui voulait d’abord y réfléchir. Des gens de toute cldsse et de toute condition donnèrent leur signature. La religion n’y faisait aucune différence, et jusqu’à des prêtres catholiques s’associèrent à la confédération, lies motifs n’étaient pas les mômes chez tous, mais le prétexte était pareil. liCS catholiques ne voulaient que. la suppression de l’inquisition et l’adoucissement des édits; les protestants aspiraient à une entière liberté de conscience. En secret , quelques têtes plus téméraires ne méditaient rien moins que le renversement complet du gouvernement actuel , et, dans le nombre, les plus nécessiteux fondaient de viles espérances sur le bouleversement universel
Deux repas d’adieu , qui furent donnés , vers ce même temps , aux comtes de Schwarzenberg et de llolle, l’un à Bréda, l’autre bientôt après à Hoogstraeten , attirèrent dans ces deux endroifs beaucoup de personnes de la première noblesse, parmi lesquelles il s’eu trouvait déjà un grand nombre qui avaient signé le compromis. prince d’ürange, les comtes d’Egmont, de Hoorn et de .Megen se rendirent aussi au repas, mais sans s’êti'e concertés , et même sans avoir part à l’alliance, quoiqu'un des propres secrétaires d’Eginont et quelques serviteurs des autres y fussent entrés ouvertement. Pendant le festin, trois cents personnes déjà se déclarèrent pour le compromis , et l’on agita la question de savoir si l’on s’adresserait à la gouvernante avec ou sans armgs, par une harangue ou une supplique. Hoorn et Orange ( Egmont ne voulut en aucune façon encourager l’entreprise) furent pris pour juges, et ils se prononcèrent pour la voie de la modestie et de la soumission ; mais par là même ils donnèrent lieu à l’accusation d’avoir pris, d’une manière peu déguisée, sous leur protection, l’entreprise des conjurés. On ré-