‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 93 sur 228 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

«olut en conséquence de se présenter sans armes avec une supplique, et l’on lixa le jour où l'on se réunirait à Bruxelles'.

Le premier avis de cette conjuration de la noblesse fut donné à la gouvernante par le comte de Megen aussitôt après son retour. ■ Une entreprise se prépare , telle fut sa confidence; trois cenUs gentilshommes y sont engagés; la religion est en jeu; les membres se sont liés par serment; ils comptent beaucoup sur des secours étrangers ; elle en apprendra bientôt davantage. • 11 ne lui en dit pas plus, si vivement qu’elle le pressât, c Un gentilhomme le lui avait confié sous le sceau du secret, et il lui avait engagé sa parole. » Dans le fait, c’était moins cette délicatesse d’honneur que sa répugnance pour l’inquisition, à laquelle il ne se souciait point de rendre un service, qui le pouvait détourner de s’expliquer plus aiiiplemont. Bientôt après, le comte d’Egraont remit à la gouvernante une copie du compromis, et lui nomma de plus , à peu de noms près , les conjurés. Le princer d’Orange lui écrivit presque dans le même temps : « Il avait ouï dire qu’on levait une armée, que quatre cents officiers étaient déjà nommés et que vingt mille hommes paraîtraientbientôt sous les armes. » C’est ainsi qu’on exagérait les bruits à dessein en y ajoutant toujours, et que chaque bouche grossissait le danger L '

La gouvernante, d’abord troublée de frayeur à cette nouvelle, et n’écoutant que sa crainte, convoque en toute hâte ceux des conseillers d’État qui se trouvent à Bruxelles, et, en même temps, elle adresse des lettres pressantes au prince d’Orange et au comte de Hoorn, pour les inviter à reprendre dans le conseil leurs places qu’ils ont quittées. Avant qu’ils arrivent, elle délibère avec Egmont , Megen et Barlaimont , sur ce qu’il convient de résoudre dans cette situation critique. La question était de savoir s’il fallait sur-le-champ prendre les armes ou céder à la nécessité et accorder aux conjurés leurs demandes, ou bien si on les amuserait par des promesses et une feinte condescendance, pour gagner du temps jusqu’à ce qu’on pût recevoir d’Espagne des directions et se pourvoir de troupes et- d’argent.

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