Hopper, 69, 70. — Burgund., 16C
Pour le premier parti manquait l'argent nécessaire, ainsi que la confiance, non moins nécessaire, en l’armée, qui était peutêtre déjà gagnée par les conjurés. IjO second ne serait jamais approuvé par le roi , et d’ailleurs servirait plutôt à élever l’orgueil des confédérés qu’à l’abattre; tandis qu’au contraire une souplesse opportune et le pronqit pardon, sans conditions, de ce qui s’était passé , étoull'erait peut-être la révolte dès le berceau. Le dernier avis fut soutenu par Egmont et Megen, mais combattu par Harlaimont. « l.e bruit est exagéré, disait ce dernier; un armement si formidable ne peut s’être fait si sr-crètement et avec une si grande célérité. C’était un rassemblement de quelques mauvais sujets, excités par deux ou trois enthousiastes : rien de plus. Tout serait tranquille, quand on aurait abattu quelques têtes. » La gouvernante décide d’attendre l’avis du conseil d’Etat rassemblé. Toutefois, dans l’intervalle, elle ne reste pas oisive ; elle fait visiter les fortilications des principales places, et réparer celles qui ont souffert; ses envoyés près des cours étrangères sont invités à redoubler d’activité ; des courriers sont'expédiés en Espagne. En même temps, elle s’attache à répandre de nouveau le bruit de la proebaine arrivée du roi, et à montrer dans sa conduite extérieure la fermeté et l’égalité d’amc de qui attend l’attaque et ne fait pas mine d’y succomber *.
A la fin de mars, et par conséquent quatre mois entiers après la rédaction du compromis, tout le conseil d’Etat se réunit à Bruxelles. Étaient présents le prince d’Orange, le duc d’Arschot, les comtes d’Egmont, de Bergues, de Megen, d’Aremberg, de Iloorn, de Hoogstraeten , de Barlaimont et d’autres; les .seigneurs de Montigny et d’ilachicourt , tous les chevaliers de la Toison d’or , avec le jirésident Yiglius , le conseiller d’Etat Bruxelles, et les autres assesseurs du conseil privé’. On y produisit dilférentes lettres, qui fournissaient des renseignements plus précis sur le plan de la conjuration. L’extrémité où la gouvernante se trouvait .réduite donnait aux mécontents une importance dont ils ne négligèrent pas de faire usage, pour exhaler.