‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 96 sur 228 · Strad · texte numérisé non relu

Strad

186 HISTOIHK DE LA lUîVOLTE UES PAYS-llAS.

montraient en outre négligents; où la corruption des mœurs du clergé l’excluait des fonctions judiciaires. Maintenant tout est changé; maintenant nous comptons autant d'évéques que de provinces. Pourquoi l'art de gouverner ne suivrait-il pas l’esprit des temps? Nous avons besoin de douceur et non de dureté. Nous voyons l’antipathie du peuple, et nous devons chercher à la calmer, si nous voulons qu’elle ne dégénère pas en sédition. A la mort de Pie IV, les pleins pouvoirs des inquisiteurs ont plis lin ; le nouveau pape n’a point encore envoyé la confirmation, sans laquelle cependant aucun, jusqu’ici, ne s’est permis d’exercer son office. Le moment est donc venu où l’on peiit les suspendre .sans léser les droits de personne.

« jugement que je porto de l’inquisition s’applique aussi aux édits. læ he.soin des temps les a imposés, mais ces temps ne sont plus. Une si longue expérience devrait nous avoir enfin convaincus qu’il n’est aucun moyen moins efficace contre l’hérésie que les bûchers et le glaive. Ouels progrès incroyables n’a pas faits la nouvelle religion, depuis peu d’années seulement, dans les Provinces! Et, si nous recherchons les causes de cet accrois- .sement, nous les trouverons dans la glorieuse fermeté de ceux qui sont tombés comme ses martyrs. Entraîné par la pitié et l’admiration, on commence à soupçonner en secret que ce pourrait bien être la vérité qui est soutenue avec cet invincible courage. En France et en Angleterre on a fait éprouver aux protestants la même rigueur ; mais a-t-elle mieux réussi dans ces États que chez nous? Les premiers chrétiens se vantaient déjà que le sang des martyrs avait été la semence de leur Église. L’empereur Julien, le plus redoutable ennemi que le christianisme ait jamais eu, était pénétré de cette vérité. Persuadé que la persécution ne fait qu’enflammer l’enthousiasme, il eut recours au ridicule et à la moquerie, et trouva ces armes incomparablement plus puissantes que la violence. Dans l’empire grec s’étaient élevées en divers temps diverses sectes : Arius sous Constantin, Aétius sous Constance, Nestorius sous Théodosc; mais nulle part on ne voit infliger, ni aux hérésiarques eux-mômes, ni à leurs disciples, des châtiments pareils à ceux qui dévastent nos provinces. Et où sont maintenant toutes ces sectes, qu’un monde entier, serais-je tenté de dire, semblait ne pouvoir contenir? .Mais telle est la

DigitizoO by Goog

Page 1