LES GUEUX
Le conseil d’État notait pas encore séparé, et tout Bruxelles retentissait déjà de la nouvelle, que les confédérés approchaient de la ville. Ils n’étaient en tout que deux cents cavaliers, mais la renommée grossissait leur nombre. La gouvernante, consternée, met en délibération s’il convient de leur fermer les portes ou de chercher son salut dans la fuite. L’un et l’autre parti sont rejetés comme déshonorants, et la paisible entrée des nobles dément bientôt la crainte d’une attaque violente. Dès le matin du jour qui suit leur arrivée, ils se rassemblent dans la maison de Kuileinbourg, où Bréderode leur demande un second serment, portant qu’ils s’obligeaient à se soutenir les uns les autres , même par la force des armes s’il était nécessaire , et en subordonnant tous les autres devoirs à celui-là. ün présenta aussi aux confédérés une lettre d’Espagne, annonçant qu’un protestant, que tous connaissaient et estimaient, y avait été brûlé ■ vif à petit feu. Après ces préliminaires et d’autres semblables, Bréderode appelle chacun par son nom, leur fait prêter pour eux-mêmes , et pour les absents, le nouveau serment et renouveler l’ancien, et il est arrêté que la supplique sera présentée dès le jour suivant, 5 avril 1566*.
I.e nombre des confédérés était alors de trois à quatre cents. Dans leurs rangs se trouvaient beaucoup de vassaux de la haute noblesse, comme aussi plusieurs serviteurs du roi luimême et de la duchesse. Ayant à leur tête le comte de Nas-