‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 99 sur 228 · traJ · texte numérisé non relu

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190 iiistoihî: dk la hévûlte des pays-ras. sau et Bréderode, ils se mirent en marche processionnellement, sur quatre de front, vers le palais. Toute la ville de Bruxelles suivait, dans un muet étonnement, ce spectacle extraordinaire. Elle voyait là des hommes qui s’avancaient avec assez d’audace et de fierté pour ne pas sembler des suppliants, et à leur tête deux chefs qu’on n’était pas accoutumé à voir s’abaisser aux prières; mais, d’un autre côté, une apparence d’ordre, d’humilité et de modeste silence, qui jamais ne fut compatible avec une révolte. I.a gouvernante reçoit le cortège, entourée de tous ses conseillers et des chevaliers de la Toison. « Ces nobles Néerlandais, lui dit liréderode avec respect, qui se rassemblent ici devant Votre Altesse, et un bien jilus grand nombre encore, qui bientôt se joindront à eux , désirent lui présenter une requête dont cette procession solennelle lui prouvera l'importance en même temps qu’elle atteste leur bunrble soumission. Comme orateur de la société , je prie Votre Altesse de recevoir cette supplique, qui ne renferme rien de contraire au bien de la patrie et. à la dignité du roi. •

« Si cette supplique, répondit Marguerite, ne renferme réellement rien de contraire au bien de la patrie et à la dignité du roi, il n’est pas douteux qu’elle ne soit accueillie. » — Ils ont appris avec indignation et avec chagrin, poursuit l’orateur, qu’on attribue à leur réunion dos intentions suspectes, et qu’on a prévenu contre eux Son Altesse : c’est pourquoi ils la supidient de leur nommer les auteurs de si graves inculpations, et de les obliger à présenter leur accusation en forme et publiquement, alin que celui qu’on trouvera coupable subisse le châtiment mérité. — On ne jieut en aucune façon trouver mauvais, répondit la gouvernante, qu’elle ait jugé nécessaire, d’après les bruits défavorabes répandus sur les vues et les alliances de l’association, d’appeler sur elle l’attention des gouverneurs des provinces. IJuant aux auteurs de ces avis, elle ne les nommera jamais. On ne peut justement, ajouta-t-elle d’un air indigné, lui demander de trahir des secrets d'Etat. » A ces mots, elle remit les confédérés au jour suivant pour venir chercher la réponse à leur supplique, sur laquelle elle consulta de nouveau les chevaliers '.

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