LIVRE TROISIEME
giques la sûreté des foires , que la guerre avait beaucoup troublée. •
L’armée suédoise était maintenant renforcée de dix mille Hessois, que le landgrave Guillaume de Cassel avait amenés au roi. Déjà Gustave-Adolphe avait fait attaquer Kœnigstein; Kostheim et Flœrsheim1 se rendirent à lui après un siège de peu de durée; il était maître de tout le cours du Mein, et fit construire à Hœchst en toute hâte des bateaux pour faire passer le Rhin à ses troupes. Ces préparatifs remplirent de crainte l’électeur de Mayence, Anselme Casimir, et il ne douta plus un instant qu’il ne fût le premier que menaçait l’orage de la guerre. Comme partisan de l’empereur et un des membres les plus actifs de la ligue catholique, il ne pouvait s’attendre à être mieux traité que ne l’avaient été déjà scs deux confrères , les évêques de Würtzbourg et de Bamberg. La situation de ses domaines au bord du Rhin faisait à l'ennemi une nécessité de s’en assurer, et d'ailleurs cette riche contrée avait pour l’armée, dans son dénûment, un irrésistible attrait. Mais l’électeur, connaissant trop peu ses ressources et l’adversaire qu’il avait devant lui, se flatta de repousser la force par la force, et de lasser la vaillance suédoise par la solidité de ses remparts. Il fit réparer en toute hâte les fortifications de sa résidence, la pourvut de tout ce qui la mettait en état de soutenir un long siège, et reçut de plus dans ses murs deux mille Espagnols commandés par un général de leur nation, don Philippe de Sylva. Pour rendre l’approche impossible aux bateaux suédois, il fit obstruer, par une quantité de pieux qu’on y enfonça, l’embouchure du Mein; il y fit jeter aussi de grandes masses de pierres et couler à fond des bateaux entiers. Lui-même, accompagné de l’évêque de Worms, il s’enfuit à Cologne avec ses plus précieux trésors, et abandonna ville et territoire à la rapacité d’une garnison tyrannique. Tous ces préparatifs, qui témoignaient moins de vrai courage que d’impuissante obstination, ne détournèrent pas l’armée suédoise de marcher sur Mayence, et de faire les plus sérieuses dispositions pour l’attaque de la ville. Tandis qu'une partie des troupes se répandait dans le Rhingau , culbutait tout ce qui s’y