Dans la première édition : « Fliershain
trouvait d'Espagnols, et arrachait d’énormes contributions, et que l’autre partie rançonnait les cantons catholiques duWesterwald et de la Wettéravie, l’armée principale était déjà campée près de Cassel, vis-à-vis de Mayence, et le duc Bernard de Weimar avait même pris, sur la rive gauche du Rhin, le Mœusethurm’ et le château d’Ehrenfels. Déjà Gustave- Adolphe se préparait sérieusement à passer le Rhin et à bloquer la ville du côté de terre, quand les progrès du comte Tilly en Franconie l’arrachèrent précipitamment à ce siège , et donnèrent à l’électorat un repos, qui du reste ne fut pas de longue durée.
Le danger de la ville de Nuremberg, que le comte Tilly faisait mine d'assiéger pendant l'absence de Gustave-Adolphe * occupé aux bords du Rhin, et qu’il menaçait, en cas de résistance, du sort affreux de Magdebourg, avait décidé le roi de Suède à ce prompt départ de Mayence. Pour ne pas s’exposer une seconde fois, devant toute l’Allemagne, au reproche et à la honte d’avoir laissé une ville alliée à la discrétion d’un ennemi barbare, il accourait, à marches forcées, pour délivrer cette importante cité impériale; mais il apprit, dès Francfort, la valeureuse résistance des habitants de Nuremberg et la retraite de Tilly : alors il ne tarda pas un moment à poursuivre ses projets sur Mayence. N’ayant pas réussi à forcer le passage du Rhin , près de Cassel , sous le canon des assiégés, il dirigea sa marche vers la Bergstrasse, pour s’approcher de la ville d’un autre côté, s’empara chemin faisant de toutes les places importantes, et parut, pour la seconde fois, au bord du Rhin, près de Stockstadt, entre Gernshqÿn et Oppenheim. Les Espagnols avaient abandonné toute la Bergstrasse, mais ils cherchaient encore à défendre, avec beaucoup d’opiniâtreté, la rive gauche du fleuve. Dans cette vue, ils avaient brûlé ou coulé à fond tous les bateaux du voisinage, et ils étaient préparés sur l'autre bord à T’attaque la plus formidable, si le roi risquait le passage sur ce point.
Son courage l’exposa, dans cette occasion, au danger imminent de tomber dans les mains de l’ennemi. Pour reconnaître l’autre rive, il s’était hasardé à franchir le fleuve dans un petit bateau; mais, à peine avait-il abordé, qu’il fut surpris par une